Bah Oury sur le dernier sommet de la CEDEAO: « l’organisation a des difficultés sur l’attitude à avoir vis-à-vis de la Guinée »

L’organisation ouest africaine a tenu son sommet sur les transitions en Guinée, au Mali et au Burkina Faso, le 4 juin dernier au Ghana. Apparemment rien à changer sur la position des chefs d’États de la CEDEAO vis-à-vis de ces trois pays en transition. Un autre sursis accordé à la Guinée qui est sous menaces de sanctions. Le président de l’union démocratique pour la renaissance de la Guinée (UDRG), Amadou Oury Bah communément appelé Bah Oury a donné  son avis sur cette question. 

 
Pour ce leader politique, la CEDEAO a des difficultés sur l’attitude à avoir vis-à-vis de la Guinée. Néanmoins, il invite les autorités guinéennes à « prendre le temps qui est imparti pour mettre en place les dynamiques susceptibles de faciliter les décisions » de cet organisme régional pour accompagner le processus de la transition. 
« Vous savez dans le contexte des transitions, la situation de la Guinée, elle est particulière. Le régime qui a été déçu est un régime qui était déjà issu d’un coup d’État anticonstitutionnel. L’organisation régionale avait fait preuve de passivité malgré la volonté du président Issoufou de l’époque à emmener l’organisation à faire preuve de plus de fermeté. Mais bref, l’organisation a des difficultés sur l’attitude à avoir vis-à-vis de la Guinée. C’est la raison pour laquelle en ce qui nous concerne les autorités de la transition doivent prendre le temps qui est imparti pour mettre en place les dynamiques susceptibles de faciliter les décisions de la CEDEAO pour accompagner notre transition. Notamment en opérationnalisant le cadre de concertation tel qu’il a déjà été formellement créé et puis en développant une dynamique qui permette à ceux qui sont réticents à accompagner la transition guinéenne. Je parle des structures politiques, à prendre la mesure  pour démontrer et emmener les uns et les autres à privilégier l’intérêt national. A ne pas s’arcbouter sur des intérêts ou des ambitions individuelles. De savoir si la Guinée sombre c’est tout le monde qui va sombrer. Nous avons intérêt quelque soit nos positions à faire en sorte que la transition aille conformément à l’intérêt général », a expliqué Bah Oury, président de l’UDRG chez nos confrères de Fim FM.
 
Et d’ajouter: « En ce qui concerne Monsieur Ibn Chambas, il faut qu’il y ait des aspects que les autorités de la transition doivent prendre en compte. Monsieur Ibn Chambas est un Ghanéen, le président en exercice de la CEDEAO est le Président Nana Akufo Ado du Ghana. Donc il faudrait qu’on fasse preuve de réalisme pour ne pas heurter quelqu’un ou un État qui d’une manière ou d’une autre se verrait vexé ou par rapport à ce que les autorités guinéennes de la transition peuvent faire. Mais fondamentalement la balle est du côté de Monsieur Ibn Chambas à titre personnel. (…) Donc la question à mon avis c’est surtout l’attitude que Monsieur Ibn Chambas à titre personnel veut prendre pour savoir est-ce qu’il pourrait être efficace ou pas en ce qui concerne le dialogue qu’il doit instaurer entre la CEDEAO et les autorités de la transition guinéenne. À titre personnel et en tant que responsable, moi je considère, privilégions les intérêts nationaux, privilégions, nos intérêts généraux. Nous avons besoin de l’organisation régionale parce que dans le contexte international d’aujourd’hui, c’est l’accord de la CEDEAO qui nous permet d’ouvrir les portes avec l’Union Africaine, avec l’Organisation des Nations Unies, avec tous les autres partenaires. Donc ne tombons pas dans le piège qui consiste à mettre, disons un élément susceptible, de nous heurter et pour qu’on fasse capoter tout. Faisons preuve de l’intelligence tactique pour avancer »
 
A rappeler que la conférence des chefs d’États de la communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) a décidé de renvoyer la décision concernant ces trois pays pour le sommet du 3 juillet à venir à Accra (Ghana). 
 
Mamadou Macka Diallo 
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