CAN 2025 : La réaction d’un consultant après la décision de la CAF

En novembre 2024, la Guinée a été éliminée par la Tanzanie lors du dernier match des éliminatoires de la CAN 2025 prévue au Maroc. À la suite de cette élimination, la Fédération Guinéenne de Football (FEGUIFOOT) a introduit une réclamation auprès de la Confédération Africaine de Football (CAF), soulignant qu’un joueur tanzanien ayant porté un numéro ne figurant pas sur la feuille de match avait tout de même pris part à la rencontre.

Ce lundi, la CAF a rendu son verdict : la réclamation guinéenne a été rejetée, et la qualification de la Tanzanie a été confirmée. Ce mercredi 18 juin 2025, nous avons contacté le consultant sportif Thierno Saïdou Diakité pour recueillir sa réaction. Ce dernier n’est pas surpris par la décision. « Nous avons suivi la décision du jury d’appel suite à la réclamation de la Fédération Guinéenne de Football. Personnellement, j’avais dit que cela allait être difficile pour que la CAF tranche en notre faveur. Pour une raison simple : je rappelle que la Tanzanie est coorganisatrice, avec le Kenya et l’Ouganda, du CHAN prévu le mois prochain. Et en 2027, ces trois pays accueilleront également la CAN. Alors, je me suis demandé : est-ce que la CAF va prendre le risque de disqualifier un pays qui a investi d’importantes ressources financières pour se conformer aux exigences du cahier des charges du CHAN et de la CAN ? Je me suis dit que, peut-être pour contenter la Guinée, la CAF allait maintenir la qualification de la Tanzanie, tout en lui infligeant une amende », a-t-il expliqué.

Selon lui, la FEGUIFOOT aurait pu s’appuyer sur d’autres défaillances, notamment le décalage de l’horaire du match et le changement d’arbitre, pour pousser la CAF à agir plus tôt. « Ce que je vais dire maintenant n’engage que moi. Je pense qu’au mois de novembre dernier, en Tanzanie, la Guinée aurait dû refuser de jouer pour deux raisons. D’abord, l’horaire du match avait été modifié. Ensuite, l’arbitre initialement désigné avait été remplacé par un arbitre zimbabwéen. Or, le Zimbabwe appartient à la même zone géographique que la Tanzanie. Ces deux éléments auraient pu être utilisés par la Fédération pour refuser de jouer, et ainsi contraindre la CAF à reprogrammer le match ou à désigner un autre arbitre. »

Le consultant reconnaît par ailleurs qu’il y a bien eu une erreur administrative côté tanzanien, mais souligne que la CAF dispose d’une large marge d’appréciation. « Certains observateurs l’ont noté : il y a effectivement eu une erreur administrative, avec l’alignement d’un joueur dont le numéro ne figurait pas sur la feuille de match. Mais si vous examinez les statuts et règlements de la CAF, vous verrez qu’un article précise qu’en cas d’erreur administrative, la CAF peut user de son pouvoir discrétionnaire pour statuer comme elle l’entend. Nos chances étaient donc très minces pour que le jury d’appel infirme la décision initiale du jury disciplinaire saisi par la Guinée », a-t-il ajouté.

À ce stade, le seul recours qui reste à la Guinée est de saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Il reste à voir dans les prochains jours si la Fédération franchira cette étape, une procédure qui pourrait s’avérer coûteuse sur le plan financier.

Mamadou Macka Diallo

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