Par décret publié récemment à la RTG, le président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya, a procédé à la création de la Direction Générale des Élections (DGE).
Face à cette décision, l’Union sacrée des forces vives de Guinée, dirigée par Dr Ibrahima Sory Diallo, président de l’Alliance Démocratique pour le Changement du Bloc de l’Opposition Constructive (ADC-BOC), a réagi à l’issue d’une rencontre avec des diplomates américains ce mercredi 18 juin 2025 à l’ambassade des États-Unis à Conakry. Il a tenu à préciser que l’Union sacrée n’est pas opposée à la mise en place de cette structure, mais émet toutefois des réserves.
Dans son intervention, Dr Diallo a fait part de ses inquiétudes quant à la conduite actuelle de la transition. « La gestion de la transition, que nous observons avec beaucoup d’attention, se déroule sans chronogramme clair. La mise en place de la Direction Générale des Élections, telle que décrétée, aurait dû faire l’objet de discussions préalables entre les acteurs politiques lors du dialogue. Malheureusement, les développements récents suscitent des inquiétudes. Il y a des engagements pris par le CNRD qui sont aujourd’hui bafoués par certains citoyens sans qu’aucune sanction ne soit prise. »
Il poursuit en évoquant la confusion persistante autour de la position du chef de la transition. « Certaines déclarations de membres du gouvernement laissent entendre une éventuelle candidature du président de la transition. Or, jusqu’à présent, le président n’a pas clarifié sa position sur ce sujet. Cela alimente les spéculations et renforce les doutes. »
Abordant spécifiquement la création de la DGE, Dr Ibrahima Sory Diallo affirme. « L’Union sacrée n’est pas contre la création de cet organe. Mais elle intervient dans un contexte de flou maintenu aussi bien par le gouvernement que par le CNRD. On ne sait toujours pas qui sera candidat à la prochaine élection présidentielle. Il faut que les choses soient claires. Si cette direction est vraiment indépendante et que le président n’est pas candidat, alors personne ne contestera sa mise en place. Mais dans le cas contraire, elle perdra tout son sens. Sa composition, ses missions, tout cela aurait dû être discuté dans le cadre d’un dialogue. C’est pourquoi nous nous interrogeons sur la nécessité réelle de cette direction. Si le président est candidat, cette direction n’aura plus de raison d’être. »
Aliou Diaguissa Sow
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