La première édition de la Rencontre des Journalistes Africains de Conakry (REJAC) s’est tenue ce vendredi 27 juin 2025 dans un réceptif hôtelier de la capitale guinéenne. Le lancement des activités s’est déroulé en présence du président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, de la ministre des Postes, Télécommunications et de l’Économie numérique — marraine de l’événement — ainsi que de nombreux cadres de l’administration et professionnels des médias.
Dans son discours, la ministre Rose Pola Pricemou a salué l’initiative, qu’elle considère comme une opportunité pour faire entendre une fois de plus « la voix de l’Afrique consciente, connectée et responsable ».
« Nous vivons une époque de transformation accélérée. Et dans cette révolution silencieuse portée par le numérique, l’intelligence artificielle (IA) s’impose comme une technologie de rupture, redéfinissant nos économies, nos métiers, nos rapports au monde.
L’Afrique ne peut rester spectatrice. Elle doit être actrice, mieux encore, codéveloppeuse de cette nouvelle ère.
C’est pourquoi, en Guinée, nous avons entamé les travaux d’élaboration de notre Politique nationale de l’Intelligence Artificielle, adossée à une vision souveraine, inclusive et durable du numérique.
Mon Directeur national des technologies de l’information, que j’ai désigné pour prendre part à l’un des panels, détaillera nos orientations. Il ne s’agira pas d’imiter, mais d’inventer une IA utile à nos réalités : pour l’agriculture, la santé, l’éducation, la gouvernance.
Déjà, à l’échelle du continent, plus de 70 % des jeunes Africains de moins de 30 ans vivent dans des environnements de plus en plus numérisés. D’ici 2030, l’économie numérique pourrait générer près de 180 milliards de dollars par an en Afrique (source : IFC/Google). La question n’est donc pas de savoir si l’IA arrivera en Afrique, mais dans quelles conditions, avec quelles règles, et pour qui.
Et c’est ici que le rôle du journalisme devient central.
Dans un monde saturé de données, de contenus générés par des algorithmes, de réalités parfois altérées, les journalistes sont les derniers remparts de la vérité et les premiers bâtisseurs du sens.
Vous êtes les vigies de l’éthique, les éclaireurs du débat public. Et dans le domaine de l’intelligence artificielle, vous aurez à répondre à une exigence nouvelle : vérifier, vulgariser, expliquer, alerter », a-t-elle déclaré.
La ministre a également exprimé le souhait de voir la REJAC s’inscrire dans la durée, dans l’intérêt de la presse africaine. « À vous, journalistes, professionnels de la plume et de l’image, je veux dire ceci : vous êtes des bâtisseurs de conscience.
Et cette rencontre, la REJAC, doit devenir un creuset de solutions, de convergences, de partenariats, pour faire émerger une presse africaine plus forte, mieux formée et plus en phase avec les défis du siècle », a conclu Rose Pola Pricemou.
Mamadou Macka
666 660 366

![Investiture du président: c'est [encore] la HAC qui donne les accréditations pour la presse](https://www.guinee114.com/wp-content/uploads/2021/06/Yacine-Diallo-300x209.jpg)
