Makanera Kaké sur le congrès de l’UFDG : « Je ne vois pas l’importance aujourd’hui de chercher à braver l’interdiction »

Alors que l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) maintient la tenue de son congrès prévu le 6 juillet 2025, en dépit de la demande de suspension formulée par le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), l’ancien ministre Alhousseine Makanera Kaké a invité, ce mardi 1er juillet, le parti à emprunter les voies légales.

S’exprimant devant la presse, il a évoqué les risques de tensions internes et des précédents douloureux, plaidant pour l’apaisement et un recours juridique plutôt qu’une confrontation ouverte. « Je ne vois pas l’importance aujourd’hui de chercher à braver l’interdiction, parce qu’il existe des voies de recours. L’Administration du Territoire prend une décision, et chaque décision ministérielle doit être motivée. Si le parti estime que cette décision n’est pas conforme à la loi — en l’occurrence la charte des partis politiques —, il peut la contester devant la Cour suprême. Moi, je pense que c’est cette démarche qu’il faut privilégier », a-t-il déclaré.

Revenant sur un cas personnel lié à son propre parti, l’ancien ministre a expliqué que malgré sa proximité avec les autorités actuelles, il s’est plié aux exigences administratives du MATD. « Le ministère m’a demandé un certain nombre de documents. J’ai tenté de défendre ma position, mais malgré mon soutien au CNRD, je suis en train de fournir ces papiers. Je trouve cela tout à fait normal. »

Selon lui, les autorités ont des raisons valables de suspendre la tenue du congrès. « On parle de risques d’affrontements internes. Dans un tel contexte, je pense que des raccourcis comme ceux-là ne sont pas bons. La décision du ministère est donc, selon moi, justifiée », a-t-il soutenu.

L’ancien ministre de la Communication a également rappelé un drame survenu en 2016 aux abords du siège de l’UFDG. « À ce même siège, il y a eu un crime : un journaliste a perdu la vie. Est-ce qu’on veut que cela se reproduise ? Moi, je dis non », a-t-il déploré.

Selon lui, l’attitude responsable consisterait à attendre la décision de justice. « Quand la justice aura tranché, monsieur Cellou Dalein et son parti sauront quoi faire. Mais s’opposer directement à une décision du ministère, ce n’est pas responsable. Il existe d’autres voies de recours », a-t-il rappelé.

Et d’insister. « La meilleure démarche, c’est de saisir la Cour suprême, introduire un recours pour faire valoir ses droits. La Cour dira le droit. Mais si on appelle à la résistance, on s’expose à des sanctions qui peuvent être lourdes. Je ne souhaite cela ni pour lui, ni pour aucun autre Guinéen. Je leur demande de revenir à la raison, de privilégier la sagesse et de s’en remettre à la Cour suprême pour trancher ces différends. Quand il y a tension, il faut d’abord chercher à l’apaiser avant de laisser les partis tenir leurs congrès », a-t-il conclu.

Aliou Diaguissa Sow

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