Inondation meurtrière à Simambossiya : Plusieurs habitations cochées par l’habitat

Suite à la recrudescence des inondations meurtrières à Conakry et d’autres préfectures, les autorités commencent à agir. Au quartier Simambossiya dans la commune de Lambanyi où il y’a eu une inondation qui a causé des pertes en vies humaines, des agents de l’habitat s’y sont rendus pour cocher plusieurs habitations qu’ils estiment être proches ou dans le lit de la rivière. Ce vendredi, nous avons pu échanger avec deux concessionnaires concernées.

Inondation meurtrière à Simambossiya : Plusieurs habitations cochées par l'habitatMadame Issatou DIALLO qui a été déguerpis à Kaporo-rails au temps du Général Lansana CONTÉ a vu sa concession marquée par les agents. Alors que la Dame Issatou soutient que le domaine leur a été vendu. Elle ne reconnaît pas également que la maison soit proche de la rivière. « Nous sommes conscients du drame causé par les eaux chez nos voisins où il y’a de pertes en vies humaines. Nous prions Dieu pour le repos de leurs âmes.

Les agents de l’habitat se sont mobilisés devant la concernée où il y’a eu le drame, ils ont marqué cette maison, ensuite, ils sont venus chez-nous pour faire de même.

Moi j’avais cru que ce sont les maisons qui sont au lit de la rivière qui sont concernées. Mais quand ils sont arrivés chez nous ici, ça nous inquiète beaucoup. Nous voulons qu’il y ait vraiment un passage pour l’eau. Mais nous sommes loin de la rivière.

Nous avons été déguerpis à Kaporo-rails. On nous a vendus ici, nous avons des papiers. Pour preuve, nous payons le courant, l’eau.

Nous demandons au Président de nous laisser vraiment ici. Nous n’avons nulle part où aller surtout en cette saison hivernale », a témoigné Dame Issatou DIALLO avant d’ajouter que les agents qui ont coché n’ont pas avertit et n’ont pas non plus promis un recasement ailleurs.

Inondation meurtrière à Simambossiya : Plusieurs habitations cochées par l'habitatFonctionnaire à la retraite, Hadja Mama KABA que nous avons également rencontré a fait savoir que le domaine leur a été vendu par l’habitat et Soloprimo. Elle y réside avec sa famille depuis 2009. Pour rappel, sa concession a été impactée comme d’autres à proximité par l’inondation qui a coûté la vie à sa voisine et trois de ses filles. Elle explique les circonstances dans lesquelles sa maison a été cochée. « Au petit matin du 31, les travailleurs de l’habitat, le premier groupe est venu, parce qu’il y’a eu deux groupes. Ils ont fait leur constat. Après ils ont dit que c’est ceux qui ont construit justement dans le lit du marigot qui ont créé ce problème. Mon fils était avec eux, là-bas. Il les a dit qu’on était couché, l’eau est rentrée par derrière. Il a fait tomber le mur. L’eau est rentrée dans ma chambre.

Ensuite, la cour a été inondée. En sortant, l’eau a fait tomber une partie de la cour. Le reste du mur est là-bas, ce n’est pas tombé.

Sans demander, ils ont commencé à mettre des croix avant hier. Pourquoi ? Ça ne se fait pas comme ça en ma connaissance.

Tu viens, tu veux connaître la vérité. Il faut demander.

Qu’est-ce qu’il y a ? Comment ça s’est passé ? On a des arguments.

Ils ne sont même pas descendus dans le marigot, là-bas et aller jusqu’au fond. Ils ont mis des croix partout.

Pourquoi ? Je ne sais pas. S’ils travaillent comme ça ce n’est pas bon. Parce que s’ils ne font pas attention, ça peut créer des soulèvements et on ne le souhaite pas du tout », a expliqué Hadja Mama KABA du haut de ses 80 ans.

Inondation meurtrière à Simambossiya : Plusieurs habitations cochées par l'habitatElle reste convaincue que l’habitat qui a sa signature y compris celle de Soloprimo sur les papiers de la donation du domaine va changer d’avis. Mais en attendant, elle ne compte pas aller en justice. « Je ne fais rien. Mon fils (l’acheteur) a fait justement la photocopie de la donation hier nuit. Il nous a envoyé ce matin. Je l’ai remis à mon fils.

Lui et son cousin doivent partir à l’habitat. Si Soloprimo existe toujours. Parce qu’il y a deux signatures. Celles de l’habitat et Soloprimo. C’est la direction même qui nous a donnée ce domaine.

C’est mon dernier garçon qui l’a acheté, c’était construit déjà.

L’administration, c’est une continuité. Quand tu viens, ce que tu trouves, il faut suivre ça.

Si ce n’est pas fait, toi, tu le fais. Il ne faut pas créer de faux problèmes aux gens. Ce n’est pas bon.

Vous-mêmes, vous avez vu, il y a un espace entre mon mur et le marigot. Si c’est petit, ils peuvent me dire de casser et laisser plus d’espaces je peux accepter. Mais moi ma maison, c’est Habitat qui nous l’a donnée et ils ont signé.

Ils sont venus, ils ont fait le partage. La borne est là-bas et ça dit tout », a-t-elle martelée avant de llancer uun appel à  l’endroit des autorités. « Aux autorités, de surveiller les travailleurs. Ceux qui ne connaissent pas, de les faire apprendre. Sinon, ce n’est pas bon.

Si tu dois faire un travail, il faut le faire correctement et honnêtement. Mais c’est l’argent qui compte aujourd’hui pour les Guinéens. Et ça, ce n’est pas bon.

Moi, je n’ai pas de l’argent à donner à quelqu’un. Si tu ne me donnes pas, je ne te donne pas. Je suis vieille, qu’est-ce que je cherche maintenant ? Ma prière, je mange, je dors. C’est tout.

Je ne porte pas plainte parce qu’il va (l’habitat) prendre en compte la donation. Il y’a leur signature sur le papier.

Ils ne peuvent pas le refuser. Et je ne suis pas instruite, mais je connais un peu. Avec mon âge de 80 ans, je connais ce qui se passe en Guinée.

Je connais tout, surtout à la présidence. J’ai commencé à travailler en 1969 dans la fonction publique directement.

Je n’ai pas marché pour qu’on me prenne là-bas. C’est la fonction publique qui m’a affecté. J’ai mon arrêté ici », a conclu notre interlocutrice Hadja Mama KABA.

Mamadou Macka DIALLO

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