À la suite d’une décision du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), demandant au parti politique UFDG, dirigé par Cellou Dalein Diallo, de suspendre son congrès prévu le 6 juillet dernier, le parti a saisi la Cour suprême pour excès de pouvoir, estimant que cette décision viole l’article 32 de la loi portant charte des partis politiques.
En réponse, la Cour suprême a programmé l’examen de l’affaire devant sa chambre administrative pour le jeudi 21 août 2025.
Joint ce mardi 19 août 2025 par la rédaction de Guinee114.com, Me Amadou Diallo, avocat au barreau de Guinée et membre de l’UFDG, a confirmé la tenue de cette audience. « On s’attend à ce que la Cour suprême se prononce sur nos deux requêtes. La première portait sur un sursis à l’exécution de la décision du ministre de l’Administration du territoire afin de nous permettre d’organiser le congrès le 6 juillet. Malheureusement, cela n’a pas été le cas. La Cour n’a pris aucune décision et le congrès n’a donc pas pu se tenir », a-t-il expliqué.
L’avocat indique que le parti espère désormais une issue favorable. « Nous avons été contraints de reporter le congrès pour ne pas braver un acte administratif que nous considérons illégal. Nous avons donc décidé de saisir la Cour sur une deuxième requête, tendant à l’annulation de la décision prise par le ministre, notamment les injonctions contenues dans sa lettre. Nous espérons que la Cour suprême annulera ces injonctions. Et, le moment venu, nous tirerons toutes les conséquences de droit », a-t-il précisé.
Cependant, Me Amadou Diallo s’étonne du calendrier judiciaire retenu. « Nous sommes surpris que cette affaire soit programmée pendant les vacances judiciaires. D’autant plus que, selon la loi organique portant charte des partis politiques, la Cour suprême disposait de 15 jours pour se prononcer. Or, nous avons largement dépassé ce délai, nous en sommes au deuxième mois. Cela démontre que le contentieux administratif dans notre pays n’est pas très bien maîtrisé », regrette-t-il.
L’avocat a enfin tenu à clarifier la nature du recours introduit par l’UFDG. « Les gens doivent comprendre que dans un recours pour excès de pouvoir, le procès n’est pas fait contre l’État, ni contre le ministre, mais uniquement contre un acte administratif. Le juge n’a pas à confronter des idées, mais simplement à examiner si la décision contestée est conforme à la loi. Si elle ne l’est pas, la Cour suprême doit annuler l’acte administratif. C’est tout. »
Aliou Diaguissa Sow
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