Demande d’agrément du mouvement APG au MATD : Après six mois sans réponse, Ibrahima Kalil Diallo dénonce une injustice et une exclusion politique

Face au silence de l’administration, six mois après leur demande de reconnaissance officielle, le mouvement Agissons Pour la Guinée (APG) a dénoncé ce lundi 8 septembre 2024, à travers une conférence de presse, une « injustice flagrante » et une « volonté d’exclusion politique ». Son coordinateur, Ibrahima Kalil Diallo, a annoncé un recours en justice ainsi qu’une suspension temporaire des prises de parole publiques, par mesure de prudence.

« Depuis janvier 2025, en tant que simples citoyens animés par l’amour de la Guinée, nous avons décidé de créer un mouvement politique : Agissons pour la Guinée. Nous l’avons fait non pas par ambition personnelle, mais pour participer au débat public, enrichir la réflexion nationale et, éventuellement, contribuer aux décisions qui engagent notre avenir collectif.

Demande d’agrément du mouvement APG au MATD : Après six mois sans réponse, Ibrahima Kalil Diallo dénonce une injustice et une exclusion politiqueDans le respect de la loi et de l’esprit républicain, nous avons déposé une demande officielle d’autorisation auprès du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. La loi est claire : l’administration dispose de trois mois pour nous répondre, favorablement ou défavorablement », a-t-il rappelé, avant de déplorer. « Mais aujourd’hui, six mois ont passé. Pas une réponse. Pas une explication. Un silence qui ne dit rien, mais qui signifie tout : une volonté manifeste de nous écarter du débat politique, d’étouffer notre voix, d’empêcher l’expression d’une alternative citoyenne », affirme l’ancien journaliste Ibrahima Kalil Diallo.

Face à cette situation, il annonce. « Nous avons pris une décision claire : nous allons saisir la justice guinéenne. Parce que demander l’autorisation d’exister politiquement n’est pas une faveur, c’est un droit garanti par nos lois. Et nous voulons que ce droit soit respecté. Soyons clairs : notre entrée en politique n’a jamais eu pour but de créer des problèmes. Elle n’a jamais eu pour but de semer le désordre. Au contraire, nous voulons participer, proposer, critiquer lorsque c’est nécessaire, mais toujours avec la volonté de construire. Nous voulons contribuer à l’émergence d’une nouvelle Guinée, une Guinée où la politique ne rime plus avec violence, exclusion ou manipulation, mais avec respect, justice et progrès. »
Cependant, par la voix de son président, l’APG a décidé. « Parce que la loi ne nous reconnaît pas encore officiellement, nous ne pouvons exercer pleinement sur le terrain. Et parce que nous vivons dans un pays où une simple critique pacifique peut conduire en prison, nous avons choisi par responsabilité de suspendre, pour l’instant, nos prises de parole publiques sur les questions politiques et de gouvernance. Je veux que cela soit bien compris : ce n’est ni une démission, ni une peur. C’est un acte de prudence, de protection pour nous-mêmes, pour nos familles, pour nos amis », martèle-t-il, tout en précisant que cela ne signifie pas qu’ils se tairont face aux grands enjeux nationaux.

Sans renoncer à ses idéaux, le mouvement critique également le projet de nouvelle Constitution, estimant qu’il marque un recul démocratique. « Notre position est claire. Nous reconnaissons qu’il comporte des aspects positifs. Mais sur les points essentiels, les réformes institutionnelles, les libertés, la démocratie, il ne répond pas à nos attentes. Ces manques sont plus nombreux et plus graves que ses acquis. Voilà pourquoi nous avons décidé de ne pas donner de consigne de vote. Nous respectons le droit de chaque citoyen de se prononcer selon sa conscience. Mais nous, en tant que mouvement, nous choisissons de ne cautionner ni par un “oui”, ni par un “non”, un processus auquel nous ne croyons pas », a déclaré Ibrahima Kalil Diallo.

Après avoir annoncé qu’il ne donnera pas de consigne de vote lors du prochain référendum prévu le 21 septembre, l’APG a détaillé les sept raisons de cette décision :

1. La prolongation du mandat présidentiel de cinq à sept ans, perçue comme un recul démocratique ;

2. L’immunité accordée à tous les anciens chefs d’État, contraire à l’esprit d’un véritable État de droit ;

3. L’absence de clarification sur la double nationalité ;

4. La création d’une institution jugée antidémocratique et budgétivore ;

5. La suppression des débats télévisés ;

6. L’exclusion de la jeunesse à travers la fixation d’un âge minimum de 40 ans pour être candidat à la présidence ;

7. L’incapacité du projet à garantir l’accès effectif aux droits fondamentaux.

Plus loin, le président de l’APG ajoute. « L’enjeu du 21 septembre dépasse largement le simple “oui” ou “non” à un texte. Il s’agit de décider si la Guinée choisira la voie d’une démocratie vivante, d’une République où droits et devoirs se conjuguent dans la confiance et non dans le papier. Accepter une Constitution, c’est accepter un contrat social : les gouvernants promettent de respecter les libertés, et les citoyens s’engagent à honorer la légalité. Sans confiance authentique, ce contrat est vide ; il devient désillusion et instabilité.

Une Constitution construite dans la transparence et l’inclusion n’est pas un simple texte : elle peut devenir le socle de notre renaissance politique. Elle transforme la parole publique en un dialogue permanent, accessible à tous et non réservé à une élite. Le référendum n’est pas la fin d’une transition ; il est le commencement de décennies à venir. Il décidera si la Guinée marche vers le progrès et la justice, ou si elle s’enlise dans une autorité subtilement dissimulée derrière des mots et des signatures. Le référendum ne doit ni être un plébiscite, ni un piège. Il doit être une chance : repenser notre République, réconcilier notre histoire avec notre avenir, redéfinir notre rapport au pouvoir. »

Aliou Diaguissa Sow

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