Alphonse Soropoguigé, 47 ans, professeur à l’Institut Supérieur des Arts Mory Kanté (ISAMK), divorcé et père de trois garçons, s’est suicidé par pendaison dans un puits dans la nuit du mercredi au jeudi 11 septembre 2025. Le drame s’est produit dans le secteur Katanyah, quartier Toumanah, relevant de la commune urbaine de Dubréka. Selon le neveu de la victime, le geste de son oncle serait lié à des problèmes conjugaux.
Sur les lieux, Moïse Kalivogui, jeune frère de la victime, raconte les événements qui ont précédé le suicide. « Je suis venu, je l’ai salué, je lui ai même apporté le repas. Le repas était posé dans la chambre, il n’a pas mangé. Je lui ai dit : “Voici le repas, il faut manger.” Il m’a répondu : “Non, c’est bon, on va se coucher.” Je lui ai dit : “Frère, ça fait trois jours qu’on se couche tard, je ne dors pas, je suis fatigué aujourd’hui, je veux vraiment me reposer, c’est la semaine.” Il m’a dit : “Ok, il n’y a pas de problème, c’est toi que j’attendais, on va se coucher.” Nous nous sommes couchés ensemble. Quand je me suis réveillé vers 6 heures, je ne l’ai pas vu dans la cour. J’ai appelé son neveu : “Ah, maître, ton oncle n’est pas là ?” La cour était déjà ouverte. J’ai appelé Thomas, son jeune frère, mais nous ne le trouvions pas. Thomas est venu en courant », raconte-t-il avant de poursuivre. « Nous avons commencé à chercher partout. Son téléphone sonnait, mais il ne répondait pas. En entrant, Thomas a dit : “Ici, ça ne se passe pas comme ça. La corde est sous le bidon, il faut vérifier.” Il a tiré un peu la corde et a découvert le corps de notre frère ; le bidon est tombé. Nous avons poussé des cris, nous avons appelé au secours et sommes sortis immédiatement. »
De son côté, le neveu de la victime, Alphonse Kalivogui, raconte comment il a appris la tragique nouvelle. « Ce matin-là, mon petit m’appelle en disant : “Maître, viens, on ne voit pas ton oncle dans la cour.” J’ai répondu : “Regardez dans les toilettes, peut-être qu’il est parti pour se rafraîchir, ou bien sortez dehors, peut-être il se promène.” Les enfants ont tout fouillé mais ne l’ont pas trouvé. Ils ont vu que la corde était attachée à la grille de la fenêtre et qu’elle descendait dans le puits. Le bidon servant à puiser l’eau était posé. Ils ont regardé dans le puits et ont vu la corde autour du cou : il était mort. »
Interrogé sur les raisons possibles du geste, il ajoute. « De temps en temps, il nous disait qu’il avait des soucis. Il nous avait confié que sa première femme et lui s’étaient séparés il y a cinq ans. Après, il avait pris une deuxième femme, mais la situation familiale était la même. À cause du comportement de cette deuxième femme, elle a été renvoyée au village, à Macenta. Il avait des problèmes parce qu’il souhaitait vivre avec cette femme. Elle lui envoyait chaque jour des SMS du type : “Vraiment, je veux venir vivre avec toi, mon mari, envoie-moi le transport, je veux vivre avec toi.” Mon oncle n’avait pas la paix du cœur. Peut-être que, avec tous ces soucis, il en est arrivé là », conclut-il.
Aliou Diaguissa Sow


