À l’occasion d’une conférence de presse tenue à la Maison de la presse de Guinée, ce jeudi 18 septembre 2025, le président du Bloc Libéral (BL), Dr Faya Lansana Millimouno, s’exprimant au nom de la Coalition des partis politiques pour le changement (CPR), a appelé les Guinéens à voter « non » au référendum constitutionnel prévu le 21 septembre prochain. Selon lui, le boycott n’est pas une option.
À quelques heures de la clôture de la campagne, Dr Faya Millimouno a livré des consignes claires à ses militants. « Le 21 septembre, vous devez aller voter. Et vous devez voter non. Le boycott n’est pas une option. Depuis Lansana Conté jusqu’à Alpha Condé, l’opposition a appelé au boycott des référendums. Mais elle a toujours fini par participer aux élections qui ont suivi. Résultat, cela n’a rien changé. Les textes sont restés en vigueur et le peuple a été privé de son droit. Aujourd’hui, nous devons tirer les leçons de l’histoire : le boycott est stérile et le non est libérateur. »
Poursuivant, il a établi un parallèle avec l’histoire. « Comme en 1958, la majorité des Guinéens voterait non. Certes, cette majorité est aujourd’hui silencieuse, écrasée par la peur de disparaître, d’être enlevée, torturée ou jetée en prison », a-t-il martelé avant de prévenir. « On n’invite pas son peuple à la résignation. On n’invite pas son peuple à étouffer sa conscience. On ne demande pas à son peuple de baisser les bras. On l’invite au combat. On l’encourage à se battre pour sa dignité, pour sa liberté, pour sa vie tout court. »
Plus loin, Dr Faya Millimouno a rappelé les précédents référendums boycottés en Guinée. « Si nos devanciers ont voté non en 1958, alors malgré la violence, la corruption et les intimidations, nous devons dire non en 2025. Quel que soit l’autoritarisme du régime actuel, il faut reconnaître la faillite du boycott dans notre pays. Chaque fois que l’opposition a appelé au boycott, elle a affaibli le peuple. Elle a demandé aux citoyens de renoncer à leur droit de s’exprimer sur des questions vitales. Elle l’a fait en 2001, sous Lansana Conté. Elle l’a aussi fait en 2020, lors du référendum d’Alpha Condé. Et après, cette même opposition a invité les populations à voter pour ses candidats lors des élections organisées sur la base de ces constitutions issues de référendums boycottés. »
Pour conclure, il a insisté sur les conséquences d’un tel choix. « Chaque fois, le boycott a permis aux manipulateurs de triompher. Chaque fois, la Guinée a payé le prix le plus élevé. Aujourd’hui, nous ne répéterons pas les erreurs du passé. Nous disons aux Guinéens : allez voter, mais votez non. Un non pour sauver la Guinée », a-t-il réitéré.
Aliou Diaguissa Sow


