À l’occasion d’une conférence de presse tenue ce samedi 20 septembre 2025, Dr Sékou Koureïssy Condé, président de l’Observatoire national autonome de supervision du référendum constitutionnel (ONASUR), a vigoureusement défendu la légitimité de son institution et réaffirmé son engagement à superviser de manière impartiale le processus référendaire en Guinée. Revenant sur son parcours, il a lancé un appel à l’unité nationale et à la reconnaissance de l’expérience au service de l’intérêt général. « Nous voulons que les Guinéens s’acceptent, nous voulons que les Guinéens s’entendent. Je m’attendais bien à cette question, peut-être pas de la part de ceux qui me connaissent, mais plutôt de ceux qui ne me connaissent pas. Écoutez, j’ai été nommé ministre de la Sécurité, j’ai été leader d’un parti d’opposition, c’est cela l’intégrité », a-t-il déclaré.
Dans la même lancée, le président du parti politique ARENA a ajouté. « Vous ne pouvez pas nier les mérites des gens, leurs souffrances, ce qu’ils ont enduré et défendu, puis leur demander de renoncer à ce combat sur la base d’un serment. J’ai dit dès le départ que tout citoyen doit voter : que ce soit pour le OUI ou pour le NON, mais il faut voter quand il s’agit de la Constitution. La Constitution n’est pas une compétition électorale pour l’élu d’une personne ou d’un parti politique, il s’agit de se prononcer sur un document fondateur, un document fondamental, un patrimoine culturel », a-t-il affirmé avant de poursuivre. « À partir de ce moment-là, ce qui compte, ce n’est pas ce que quelqu’un dit, mais ce qu’il a été dans sa vie. Lorsque je supervise des élections au Congo-Kinshasa au nom de la Francophonie, on ne me dit pas : “Tu es Guinéen, tu ne dois pas le faire ici.” Quand je supervise dans d’autres pays de la sous-région au nom de l’African Crisis Group depuis 12 ans, personne ne me dit : “Tu n’es pas d’ici, donc tu ne peux pas le faire.” Je pense que ce qui prime, c’est l’expérience, la confiance et les attentes. Nous voulons que les Guinéens s’acceptent et s’entendent. »
Dr Condé a ensuite insisté sur l’importance de la neutralité et du serment prêté devant la Cour suprême m. « La démonstration que l’État et les organisations qui m’ont recommandé ont voulu faire, c’est de montrer que les membres de cette structure doivent être capables de faire la différence entre leur opinion personnelle et l’intérêt général, sur la base du serment. C’est cela le moment clé. Il y a la personne et il y a le personnage, c’est-à-dire l’homme jugé à travers son parcours, ses convictions, ses rêves de solidarité, de réconciliation et d’entente pour le pays », a-t-il expliqué.
Enfin, rappelant ses fonctions passées, l’ancien ministre de la Sécurité a conclu. « Celui qui a été médiateur de la République, secrétaire général du Conseil national de la transition, ministre de la Sécurité, médiateur dans la sous-région, vous voulez que son propre pays lui dise non ? C’est parce qu’il est capable de discernement, me semble-t-il. Moi, j’ai besoin de votre accompagnement. J’ai prêté serment et je respecterai ce serment », a assuré Dr Sékou Koureïssy Condé.
Aliou Diaguissa Sow


