Dans un entretien accordé à Guinee114.com à travers un de ses reporters en séjour de travail à Lelouma, le premier imam de la grande mosquée, Elhadj Ibrahima Ley Sarè Diallo, par ailleurs secrétaire général de la ligue islamique de Lelouma, nous parle de cette contrée de la Guinée.
Abordant l’origine du nom de la préfecture, le sage a donné des indications historiques : « Le nom de la préfecture provient du fleuve situé à l’entrée de la ville, appelé Lelou, qui prend sa source au quartier Poyé. Le suffixe ma a été ajouté, d’où le nom Lelouma.
Un quartier de la ville, Petel, tire aussi son nom d’un petit cours d’eau (Petel-houn) qui prend sa source dans le même quartier. Ce ruisseau garde son nom jusqu’à sa rencontre avec le fleuve Lelou, auquel il cède ensuite son nom. De même, le Lelou conserve son appellation jusqu’à sa jonction avec le fleuve Kassa entre Labé et Lelouma, où il prend alors le nom de Kassa. Comme le disait notre grand-parent Thierno Samba Mombeyah : ce sont les nombreux petits fleuves qui donnent sa force au grand fleuve, comme plusieurs rivières forment l’océan », a-t-il expliqué.
L’imam ratib a enfin insisté sur l’importance de la cohésion sociale et de l’harmonie entre les fils et filles de Lelouma : « Nous devons éviter tout ce qui peut provoquer la discorde et troubler le vivre-ensemble. Chacun doit conjuguer le même verbe et vivre comme une famille. On t’appelle imam parce qu’il y a des fidèles qui prient derrière toi. »
« Nous devons rester avant tout des Guinéens. Lorsqu’on traverse une frontière, qu’on soit Peul, Forestier, Malinké ou autre, on dira simplement que des Guinéens sont passés par là », a conclu Elhadj Ibrahima Ley Sarè Diallo.
D’entrée, il estime que la préfecture de Lelouma n’est pas oubliée dans le cadre du développement des différentes localités du pays. Les chantiers routiers en cours dans la commune urbaine en sont une illustration, dit-il. «Ce que nous souhaitons dire aux autorités, c’est de ne pas douter de Lelouma. Lorsqu’il s’agit de réaliser des projets, même modestes, ou toute action allant dans le sens du développement, il ne faut pas oublier Lelouma. Les citoyens qui vivent ici doivent être traités sur un pied d’égalité avec les autres. Nous partageons le même idéal de développement que tout Guinéen. Nous sommes des patriotes convaincus, et il ne faut pas en douter », a-t-il ajouté.
Le Secrétaire Général de la ligue islamique de la préfecture de Lélouma a particulièrement demandé aux uns et aux autres de participer activement aux prises de décisions et de bénéficier de ce qui leur revient de droit. «Nous, fils et filles de Lelouma, avons déjà discuté d’un certain nombre de comportements à bannir pour aller de l’avant. Il s’agit notamment du doute, du fait de rester en marge et de toujours se placer derrière. Le doute : attendre de voir le résultat de ceux qui s’engagent. Mais quand les résultats sortent, il est déjà trop tard pour les hésitants. Rester en marge : refuser de participer aux décisions collectives et attendre les résultats de ceux qui ont eu le courage de s’impliquer. Quand les bénéfices arrivent, il n’y a plus rien pour ceux qui ont choisi la marge.
Être toujours derrière : patienter pour voir le sort de ceux qui sont devant. Mais s’ils réussissent, ils sont les premiers bénéficiaires, tandis que le dernier a toujours tort. Ces trois comportements n’existent plus ici à Lelouma. Nous participons et adhérons à tout ce qui peut contribuer à un avenir meilleur pour le pays», a-t-il affirmé.
Il faut rappeler que lors d’une récente rencontre avec la notabilité de Lelouma, en marge de la campagne référendaire, le ministre du Tourisme et de l’Hôtellerie, Mahamadou Abdoulaye Diallo, avait annoncé l’approbation par le chef de l’État du projet de construction du tronçon Popodara-Lelouma-Télimélé-Kindia. Il ne reste plus que sa mise en œuvre, un projet longtemps réclamé par les populations de Lelouma.
Entretien réalisé par Mamadou Macka Diallo
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