Ce vendredi 21 novembre 2025, le Centre d’Innovation et de Recherche pour le Développement (CIRD) et son partenaire, l’Ambassade de France en Guinée, ont officiellement lancé une campagne citoyenne autour du thème « Comprendre la justice transitionnelle ». C’est l’amphithéâtre Djibril Tamsir Niane, situé dans l’enceinte de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, a servi de cadre à cette cérémonie. La campagne, présidée par le chef de cabinet du ministère de la Justice, se poursuivra jusqu’au mois de janvier 2026 et repose sur quatre piliers : la vérité, la justice, la réparation et la non-répétition.
La cérémonie a réuni l’ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone, des acteurs des organisations de défense des droits humains, les délégués du CIRD venus de N’Zérékoré, Labé, Faranah, Kankan, Kindia et du Grand-Conakry, ainsi que de nombreux étudiants.
Selon l’historienne et fondatrice du CIRD, cette campagne se déroulera à travers des conférences, débats et causeries éducatives.
Dans son discours de bienvenue, le professeur Momoya Sylla, vice-recteur de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, a souligné que son institution était heureuse d’accueillir cette initiative, destinée à accompagner le processus de réflexion et d’action sur les modalités de construction de la paix et du bien-être collectif en Guinée.
De son côté, Dre Safiatou Diallo, fondatrice du CIRD, a remercié leur partenaire pour la confiance accordée à leur institution. Elle a qualifié la campagne de projet ambitieux et enthousiasmant, précisant. « L’engagement du CIRD consiste à mobiliser enseignants-chercheurs, jeunes et organisations de la société civile sur tout le territoire. L’objectif est de porter la parole au plus près des communautés. L’histoire des nations a deux facettes, l’une positive et l’autre négative, et il est essentiel de les transmettre pleinement aux générations futures. L’histoire de la Guinée n’échappe pas à cette exigence. »
Elle a ajouté que des experts en méthodologie de construction de la paix ont été engagés pour partager les bonnes pratiques et accompagner les jeunes, considérés comme l’espoir du projet. Dre Safiatou a également annoncé. « Le CIRD a mobilisé une grande équipe. Au cours des prochains jours, les jeunes et les enseignants recevront des outils méthodologiques pour aller sur le terrain et présenter les différents piliers de la justice transitionnelle, en mettant l’accent sur la paix et la réconciliation. Il n’est pas exclu que ce projet s’élargisse aux services de l’État, notamment auprès des forces de sécurité et de défense. »
Partenaire financier du projet, l’ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone, Luc Briard, a exprimé sa participation avec humilité, affirmant ne pas vouloir interférer dans l’histoire guinéenne. Il a rappelé l’histoire violente de son pays et souligné. « L’intérêt de la justice transitionnelle est de coupler le droit et l’histoire. Avec cette campagne, vous prenez ce matin un flambeau à porter au plus près de vos communautés pour débattre ensemble et réduire la violence. »
Présidant la cérémonie au nom du ministre de la Justice, le chef de cabinet, Me Billy 1 Keïta, a rappelé que la notion de justice transitionnelle était encore peu connue dans les amphithéâtres guinéens il y a une décennie. Il a expliqué. « La justice transitionnelle pèse lourd sur la conscience morale de nos concitoyens. Elle est indissociable de la sociabilité, qui nécessite l’inscription de l’histoire d’un pays et d’un peuple, avec ses aspects positifs et négatifs. »
Me Billy 1 Keïta a souligné que si la justice transitionnelle a fonctionné dans des pays comme le Rwanda ou l’Afrique du Sud, rien n’empêche qu’elle réussisse en Guinée. Il a réaffirmé l’engagement du ministère à garantir le déroulement de cette campagne à travers la capitale et les régions, dans les préfectures et sous-préfectures, en insistant. « Le soutien institutionnel sera sans faille, car la justice n’existe pas sans son cadre social. Ce thème concerne tous les citoyens et constitue une solution à une préoccupation nationale. Vous devez mener cette campagne dans l’esprit de cultiver la paix et la tolérance à travers le pays. »
Cette campagne citoyenne intervient peu de temps après le verdict du procès des événements du 28 septembre 2009 et le processus d’indemnisation des victimes de ces atrocités.
Aliou Diaguissa Sow


