Le protocole d’accord signé ce lundi entre le gouvernement et certains syndicats de l’éducation, notamment le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) et le Syndicat National de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (SNET-FP), visant à désamorcer la crise dans le secteur éducatif, est vivement contesté par d’autres membres de l’intersyndicale.
La Fédération Syndicale Professionnelle de l’Éducation (FSPE) et le Syndicat National de l’Éducation (SNE) ont annoncé qu’ils ne se reconnaissent pas dans les négociations et rejettent ce protocole d’accord. Michel Pépé Balamou, porte-parole des deux entités, a dénoncé un processus qui, selon lui, manque de consensus et d’inclusivité, soulignant que le gouvernement aurait dû d’abord réunir l’ensemble des acteurs de l’intersyndicale avant d’entamer des discussions séparées.
Il a rappelé que la FSPE, le SNE et le SLECG constituaient initialement l’intersyndicale et avaient déposé ensemble un mémorandum de revendications. Selon lui, exclure certains acteurs clés, notamment le Syndicat National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (SNAESURS), fragilise les accords et risque de diviser les discussions. « En procédant à des négociations séparées, le gouvernement risque de multiplier les protocoles d’accord distincts avec chaque syndicat, ce qui ne résout pas la crise mais pourrait au contraire l’aggraver », a averti Michel Pépé Balamou.
La FSPE et le SNE maintiennent donc un mot d’ordre de grève, malgré la note circulaire de l’USTG interdisant toute cessation de travail jusqu’au 31 janvier 2025. Les syndicats contestataires exigent la satisfaction de plusieurs points essentiels avant de lever le mot d’ordre : la signature effective du statut particulier des personnels de l’éducation, l’engagement des enseignants contractuels communaux non retenus, le déblocage des salaires et le paiement des rappels des primes d’incitation ainsi que des primes de fonction des hauts cadres et responsables des structures déconcentrées.
Ces positions mettent en évidence une fracture au sein de l’intersyndicale de l’éducation, que les élèves risquent d’être affectés par cette situation.
La crise éducative en Guinée demeure donc entière, avec des syndicats déterminés à poursuivre leur lutte jusqu’à ce que toutes leurs revendications légitimes soient satisfaites, tout en appelant le gouvernement à un dialogue inclusif et transparent pour éviter une paralysie totale du système scolaire.
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