Crise dans l’éducation : « L’intersyndicale a œuvré dans le sens du déclenchement d’une grève pacifique » (Pépé Balamou)

Le lundi 1er décembre 2025, une grève générale illimitée a été déclenchée par l’intersyndicale de l’éducation (SNE–FSPE), provoquant une division au sein du mouvement. Le SLECG (Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée) a refusé de signer le préavis.

Après une semaine de paralysie, les élèves de plusieurs écoles publiques et privées de Conakry ont exprimé leur mécontentement face à l’absence prolongée de leurs encadreurs. Ce lundi, notre rédaction a recueilli les impressions du syndicaliste Michel Pépé Balamou, qui affirme que la structure a œuvré pour une grève pacifique. « Les instructions ont été très claires. Nous avons demandé à nos militants et sympathisants de rester à la maison », explique-t-il.

Il poursuit : « La grève, par définition, c’est la cessation du travail par l’employé pour exprimer son ras-le-bol face à une situation. Toute la semaine passée, il y a eu très peu d’incidents. La grève s’est déroulée normalement : les enseignants sont restés à la maison. Mais à certains endroits, des chefs d’établissements ont préféré garder les enfants en classe et fermer les portails. Les élèves se retrouvaient dans la cour, empêchés de rentrer chez eux.

De plus, certains bénévoles, étudiants ou diplômés sans emploi, ont été mobilisés pour occuper les classes afin d’éviter que les enfants ne sortent dans la rue. C’est ainsi que des détracteurs ont qualifié la semaine d’échec, parce qu’ils pensent qu’une grève doit forcément s’accompagner de manifestations. Or, ce n’est pas notre volonté », a souligné Michel Pépé Balamou.

Revenant sur les incidents enregistrés ce lundi, le syndicaliste estime qu’ils résultent du fait d’avoir minimisé la grève en refusant de convoquer l’intersyndicale autour de la table pour discuter de la plateforme revendicative. « Les élèves ont perdu une semaine de cours. Aujourd’hui, leur patience a atteint ses limites. Ils sont sortis dans la rue pour demander le retour de leurs enseignants. Et vous savez, dans ces circonstances, ils pensent qu’ils doivent se diriger vers les écoles privées où, selon eux, se trouvent les enfants des dirigeants, qui ne se soucient pas de leur sort puisque leurs enfants ne fréquentent pas les écoles publiques, mais les établissements privés ou étudient à l’étranger. C’est face à cette révolte que des incidents malheureux se sont produits, alors qu’ils ne relèvent aucunement de la volonté de l’intersyndicale », a-t-il expliqué, avant d’accuser le ministère de procéder à des intimidations contre les enseignants grévistes. « Pendant le week-end, le ministère de l’Enseignement préuniversitaire et de l’Alphabétisation, pourtant le plus concerné par cette crise, a eu recours à l’intimidation et aux menaces directes. Des DPE et des IRE ont appelé des chefs d’établissements pour leur demander de convoquer tous les enseignants, menaçant de faire remonter les noms de ceux qui ne viendraient pas afin de les radier de la fonction publique. Un vocal de la directrice des ressources humaines du ministère circule même, donnant instruction aux inspecteurs régionaux de transmettre la liste de tous les enseignants absents après la signature de leur fameux protocole d’accord : un accord de discorde, de honte et d’exclusion », a dénoncé le secrétaire général du SNE.

Michel Pépé Balamou a réaffirmé la poursuite de la grève, tout en soulignant que l’intersyndicale reste disposée à entamer le dialogue si le gouvernement les convoque.

Macka Djaraye Diallo 666 660 366

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