À l’approche des fêtes de fin d’année, période marquée par une affluence accrue dans les lieux de divertissement, les autorités guinéennes durcissent le cadre de protection des mineurs. Désormais, l’accès ou le maintien des personnes âgées de moins de 18 ans dans les espaces de loisirs non adaptés après 22 heures est formellement interdit, sans aucune dérogation. Cette mesure concerne notamment les salles de spectacles, de cinéma, les plages aménagées et tout autre lieu assimilé, dans le but de prévenir les risques liés aux activités nocturnes.
Cette décision s’inscrit dans une démarche concertée menée par Office National des Loisirs (ONL) et le Parquet Spécial du Tribunal pour Enfants de Conakry, qui ont réuni les tenanciers d’espaces de loisirs lors d’une séance d’information et de sensibilisation. L’objectif principal était de rappeler les dispositions du Code de l’Enfant et les obligations légales encadrant l’accueil du public mineur, dans un contexte festif souvent propice aux dérives.
Selon les autorités, cette restriction vise à protéger les enfants contre des dangers bien identifiés, tels que la violence, la consommation d’alcool, l’exploitation sous toutes ses formes et les atteintes à la moralité. Dans cette logique, les propriétaires et gérants d’établissements sont désormais tenus d’exercer un contrôle strict sur l’âge de leur clientèle, d’exiger une pièce d’identité en cas de doute et de refuser systématiquement l’accès aux mineurs après l’heure réglementaire.
Afin de garantir l’application effective de ces mesures, des brigades mixtes composées des équipes de l’ONL et des forces de sécurité seront déployées sur l’ensemble du territoire national. Ces contrôles viseront à s’assurer du respect des horaires, des conditions d’accueil et des normes prévues par la loi, particulièrement durant les périodes de forte affluence.
Les autorités ont également tenu à rappeler le rôle central des parents et des tuteurs, appelés à redoubler de vigilance pour éviter que les enfants ne circulent sans surveillance ou ne fréquentent des lieux inadaptés durant la nuit. Tout manquement aux règles établies expose les contrevenants à des sanctions prévues par la législation en vigueur, allant des poursuites judiciaires aux amendes, sans exclure la fermeture temporaire ou définitive des établissements, voire le retrait de la licence d’exploitation.
S’exprimant lors de cette rencontre, le Directeur général de l’ONL a souligné la philosophie qui sous-tend ces décisions. « Le loisir ne peut être bénéfique que s’il est encadré par des règles claires et respectées par tous, surtout lorsqu’il s’agit de la protection des enfants, les plus vulnérables. Ces mesures ne visent pas à freiner les activités, mais à garantir un cadre sain, sécurisé et responsable », a déclaré Mamadou Baïlo Barry.
De son côté, le Procureur spécial du Tribunal pour Enfants de Conakry a mis en avant la dimension sociale du secteur des loisirs. «Les activités de loisirs ont certes une dimension économique, mais elles ont surtout une portée sociale majeure. Ensemble, État et secteur privé, nous devons créer des cadres adaptés pour mieux encadrer et sécuriser nos enfants », a précisé Dr Cé Avis-Gamy.
À travers cette initiative, l’Office National des Loisirs et le Parquet Spécial réaffirment que la protection des enfants reste une priorité nationale. Les autorités appellent ainsi à une responsabilité collective afin de faire des espaces de loisirs des environnements sûrs, encadrés et respectueux des valeurs sociales, particulièrement en cette période sensible des fêtes de fin d’année.
Ibrahima Bah


