La légitimité retrouvée : la Guinée debout dans le concert des nations (Mohamed Sita Cissé)

La Guinée revient de loin. Mais aujourd’hui, elle revient debout. Elle revient forte d’un choix souverain : celui de son peuple. La participation du Président Mamadi Doumbouya au 39ᵉ Sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine à Addis-Abeba n’est pas un simple déplacement diplomatique. Elle symbolise la reconnaissance d’un processus de refondation légitime, porté et validé par les Guinéens eux-mêmes.

Un tournant historique : le 5 septembre 2021

Le 5 septembre 2021 restera une date charnière dans l’histoire contemporaine de la Guinée. Face à une crise institutionnelle profonde, marquée par des tensions politiques et sociales liées aux débats sur le troisième mandat, les forces de défense et de sécurité ont pris leurs responsabilités.

Le Colonel Mamadi Doumbouya, alors à la tête du CNRD, s’est engagé publiquement à restaurer l’ordre républicain, à garantir les libertés fondamentales et à engager une transition inclusive.

Contrairement à une vision caricaturale, la transition guinéenne n’a pas été un exercice d’appropriation personnelle du pouvoir, mais une réponse à une crise majeure, suivie d’un processus structuré : élaboration d’une nouvelle Constitution, organisation du référendum, réformes institutionnelles, engagement vers le retour à un ordre constitutionnel pleinement démocratique.

La légitimité ne naît pas uniquement d’un texte, elle naît aussi d’une adhésion populaire. Et cette adhésion s’est manifestée de manière massive à travers la validation populaire de la refondation.

Réponse aux critiques : la souveraineté du peuple avant tout

Lors du sommet d’Addis-Abeba, le Président angolais João Lourenço a exprimé des réserves sur la normalisation des transitions issues de coups d’État. Son propos appelle une précision essentielle : la situation guinéenne ne peut être analysée hors de son contexte. Lorsque les institutions sont fragilisées, lorsque la limitation des mandats devient source de crise profonde, la stabilité nationale peut être menacée.

En République, la souveraineté appartient au peuple. C’est lui qui valide ou rejette. C’est lui qui tranche. En Guinée, la dynamique enclenchée depuis 2021 a été accompagnée d’un large soutien populaire et d’un processus institutionnel visant à rétablir un cadre légal clair et conforme aux principes démocratiques.

Il ne s’agit donc pas d’un “blanchiment”, mais d’un processus de refondation validé par les urnes et encadré par des réformes institutionnelles.

La Guinée et l’Afrique : une histoire de solidarité

L’histoire rappelle que la Guinée, sous la direction d’Ahmed Sékou Touré, a soutenu activement les mouvements de libération africains, notamment le MPLA dirigé par Agostinho Neto.

Cette mémoire commune devrait inciter au dialogue et à la compréhension mutuelle plutôt qu’à des jugements hâtifs. L’Afrique s’est construite dans la solidarité ; elle doit continuer à avancer dans le respect de la souveraineté des peuples.

Diplomatie active et repositionnement stratégique

Depuis 2021, la Guinée multiplie les initiatives diplomatiques. La présence remarquée du Président Doumbouya au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba marque un retour affirmé dans les instances continentales.

Parmi les acquis majeurs : l’accueil du Centre africain de développement minier (CADM/AMDC), organe spécialisé chargé de la mise en œuvre de la Vision minière africaine 2050. Ce choix stratégique positionne la Guinée comme acteur central dans la gouvernance des ressources minières africaines.

Ce n’est pas un hasard. C’est le fruit d’une diplomatie proactive, d’une volonté de crédibilisation institutionnelle et d’une vision claire d’émergence.

Une légitimité fondée sur la volonté populaire

La légitimité du Président Mamadi Doumbouya repose sur trois piliers :

La réponse à une crise institutionnelle majeure.

L’engagement vers un retour à l’ordre constitutionnel.

La validation populaire du processus de refondation.

Les Guinéens n’ont pas simplement soutenu un homme ; ils ont adhéré à une vision : celle d’un État réorganisé, d’institutions renforcées et d’une gouvernance modernisée.

La Guinée n’est pas en rupture avec l’Afrique. Elle est en reconstruction.

Elle n’est pas isolée. Elle est repositionnée.

Elle n’est pas illégitime. Elle est portée par la volonté de son peuple.

L’histoire jugera. Mais une chose est certaine : la Guinée a repris la parole sur la scène continentale et internationale.

Et cette parole, désormais, compte.

Par Mohamed Sita Cissé

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