Quelques heures nous séparent du 24 février 2026. Pour les ukrainiens et pour les partisans d’un ordre mondial basé sur le respect du droit international, ceci est plus qu’une date. Présenté au début comme une opération spéciale difficile à justifier, la guerre d’agression russe contre l’Ukraine est à son quatrième anniversaire. Quatre longues années d’un conflit meurtrier dont les pays africains ressentent les conséquences désastreuses.
En plus des effets économiques, de plus en plus de faits et de preuves illustrent un recrutement de jeunes africains par la Russie pour les envoyer combattre contre l’Ukraine. Ce vendredi, 20 février 2026, des journalistes africains ont bénéficié d’une session d’information en ligne organisée par Bruxelles. Elle a conforté des informations dont disposait déjà la rédaction de Guinee114.com à propos de l’enrôlement et du déploiement de ressortissants africains dans cette guerre.
Le mode de recrutement, les avantages miroités aux candidats, leur déploiement au front où ils sont les plus vulnérables, parce que moins formés…des chercheurs et spécialistes mettent en évidence l’urgence que les autorités des pays africains prennent leur responsabilité. Les études nous disent que pour motiver ces jeunes, les réseaux de recrutement font miroiter entre autres des rémunérations importantes, des possibilités d’avoir la nationalité russe ainsi que d’autres avantages.
Thierry Vircoulon, chercheur principal à l’IFRI (Institut Français des Relations Internationales) a présenté une étude publiée en décembre 2025, qui analyse «le recrutement croissant de ressortissants africains par la Russie (comme combattants et comme main-d’œuvre industrielle)». Il explique que la Russie s’appuie sur des réseaux qui exploitent la vulnérabilité économique et les ambitions migratoires de jeunes africains.
A son tour, Vincent Gaudio, cofondateur et chercheur à INPACT, a partagé le contenu des résultats d’une enquête plus récente, AllEyesOnWagner, publiée en février 2026. Celle-ci cartographie les filières de recrutement sur le terrain et montre comment des recruteurs «utilisent les agences de voyages, les réseaux sociaux et des offres d’emploi trompeuses pour identifier, transporter et déployer des ressortissants africains en première ligne en Ukraine». Et, ce sont près de mille cinq cents (1.500) africains qui auraient été enrôlés entre 2023 et mi-2025, dont trois cents seize (316) seraient décédés. Tous morts, loin de leurs pays, dans les rangs de l’armée d’une autre patrie.
Parmi les trente-cinq (35) pays africains concernés, figurent l’Egypte, le Cameroun, la Gambie, le Burkina Faso et le Kenya, cités comme étant les plus touchés. La Guinée, n’est pas exemptée par cet autre drame pour la jeunesse du continent. La semaine dernière, nos confrères de Guineenews, citant AllEyesOnWagner, évoquaient le cas de neuf compatriotes Guinéens enrôlés dans l’armée russe dont trois seraient morts. En attendant des actions pour sortir ces jeunes de ce piège en vue de leur retour au pays, leurs familles sont dans l’angoisse.
Thierno Amadou Camara (M’Bonet)


