L’ancien ministre des Sports, Bogola Haba, a lancé un défi cinglant aux formations politiques guinéennes. Selon lui, aucune ne mérite encore le titre de « grand parti » dans le pays. Cette déclaration retentissante a été faite samedi dernier au micro de nos confrères de Guineenews, à la sortie de l’assemblée générale constitutive du mouvement Génération pour la Modernité et le Développement (GMD), dont il est une figure clé.
« Nous avons toujours dit qu’il n’y a pas un grand parti en République de Guinée. Il n’y avait que des partis communautaires et qui dépendaient des individus, des hommes qui les financent. Sans eux, il n’y avait pas de parti. C’est maintenant que la loi exige qu’il y ait des grands partis », a-t-il martelé. Ces mots interviennent dans un contexte de recomposition du paysage politique guinéen, sous l’effet de la loi L035 de novembre 2025 et des nouvelles exigences du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD).
Bogola Haba visait directement les poids lourds traditionnels : le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) d’Alpha Condé, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) d’El hadj Cellou Dalein Diallo, ou encore l’Union des Forces Républicaines (UFR) de Sidya Touré. Ces partis peinent à se conformer aux critères renforcés de formalisation et de structuration nationale.
Le GMD, associé au président Mamadi Doumbouya, se positionne comme pionnier. « Il y a le premier grand parti qui est en cours de construction », a affirmé Haba. Il invite les autres à suivre l’exemple : « Nous appelons ceux qui se disent grands partis à se mettre ensemble pour se mettre en règle. Parce que si tu es un grand parti, il faut se mettre en règle. Vous avez vu les difficultés que nous avons pour mettre notre parti en place. C’est difficile. Dès la semaine dernière, il y avait des discussions dans les préfectures et sous-préfectures. S’il y a d’autres grands partis, nous les défions de se mettre ensemble et de faire la même procédure. Parce que la loi est claire. »
Insistant sur la rupture avec le passé, l’ancien ministre a ajouté : « Il faut qu’on montre qu’on a plus de partis communautaires, nous n’avons plus de parti qui dépend d’un individu. Nous avons un parti qui est représentatif, qui représente toute la Guinée et toutes les communautés. Mais pour le moment, je ne reconnais pas un grand parti existant en Guinée, après la loi L035 de novembre 2025 », décline l’ancien ministre.
guinee114.com
621498176


