Crise de liquidité : « Il est urgent d’aller vers des solutions de sortie de crise »

La Guinée est confrontée depuis un certain temps à une crise de liquidité. Avoir un retrait dans les banques et transferts électroniques sont devenus un casse-tête pour bon nombre de citoyens. Une situation qui nous a amené à interroger un économiste ce jeudi, 12 mars 2026. Docteur Mohamed Cissé puisse que c’est de lui qu’il s’agit a tout d’abord livré son analyse par rapport à cette préoccupation.

« La situation du Cash préoccupe de plus en plus les agents économiques et personne n’en est épargné. Aujourd’hui, même les salariés ont du mal à encaisser leur salaire afin de satisfaire les divers besoins de consommation. Cela se complique par la proportion élevée de l’informel dans notre économie.

L’argument de digitalisation des transactions mis en relief par des responsables ne devrait pas constituer un obstacle aux transactions à base fiduciaire du moment. Considérer que la situation est normale, c’est renoncer aux mesures palliatives indispensables pour renouer avec la confiance surtout entre autorités monétaires, institutions financières bancaires et ménages », a-t-il expliqué tout en soulignant l’urgence de trouver une solution afin de sortir de cette crise.

« Les causes éventuelles ont fait l’objet d’assez de contributions de professionnels, de chercheurs et des décideurs. Il est urgent d’aller vers des solutions de sortie de crise. Toute difficulté porte en elle de sources d’opportunités ».

Et de poursuivre, l’économiste fait de propositions.
« Pour la crise de liquidité, l’Etat, aussi bien au niveau central que local, doit agir davantage en faveur de la couverture des espaces commerciaux en moyens de paiement (numéro ou code marchand) qui puissent permettre aux acheteurs des biens de consommation de procéder aux paiements électroniques. Cela renforcera la culture des transcriptions non fiduciaires. Tout le monde utilise directement ou indirectement les instruments de monnaie électronique mais tout le monde ne paye pas avec. Il faut orienter dans ce sens par la sensibilisation et les « nudges». Cela peut commencer par des paiements réguliers auprès des services publics, des entreprises et établissements de vente de produits alimentaires, des stations de services, les pharmacies et points de vente des produits cosmétiques, des marchands des détails qui peuvent même bénéficier des accompagnements financiers des institutions financières décentralisées à cause de la traçabilité de leur petits commerces », a fait savoir notre interlocuteur.

Parallèlement à ces changements structurels et habitudes de paiement, il évoque la nécessité de dialoguer avec les principaux animateurs du marché monétaire qui selon lui : « peut favoriser l’accompagnement d’une telle réforme notamment l’inter-opérabilité entre les établissements de monnaie électronique, l’adaptation des instruments bancaires aux mutations de l’économie et à la nature des consommateurs de produits financiers notamment les mécanismes de demande de nanocredit, l’indépendance des clients aux agences et la démystification des produits digitaux. Cela inclut la necessité d’avoir une stratégie adaptée de l’inclusion financière avec un cadre de suivi rigoureux », a conclu Docteur Mohamed Cissé.

Mamadou Macka DIALLO
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