Guinée-Libéria-Sierra-Leone:  les résolutions du sommet de la désescalade à Conakry

La capitale guinéenne, a été le théâtre d’un ballet diplomatique ce lundi, 16 mars 2026. À l’initiative du président guinéen, Conakry a abrité un sommet extraordinaire consacré aux différends frontaliers entre la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria. La Côte d’Ivoire, quoique membre de l’organisation et représentée par sa ministre des Affaires étrangères, y participait en qualité de pays témoin.

Dans l’après-midi, les présidents sierra-léonais et libérien sont arrivés à Conakry. Ils ont été accueillis à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré par le Premier ministre, Amadou Oury Bah, le ministre secrétaire général de la Présidence, le Général Amara Camara, le ministre directeur du cabinet de la Présidence, Djiba Diakité, ainsi que plusieurs autres officiels du gouvernement et de la haute hiérarchie militaire.

Les délégations ont ensuite été conduites au palais présidentiel Mohamed V, où elles étaient attendues par le président en exercice de l’Union du Fleuve Mano, Mamadi Doumbouya. À l’issue des échanges, à huit clos, les chefs d’État ont adopté un communiqué conjoint, lu à la télévision dans un compte-rendu à la télévision nationale par le ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté.

L’un des messages clefs est que les parties s’engagent à résoudre ces différends de manière pacifique, conformément à l’article 33 de la Charte des Nations unies, qui privilégie les mécanismes de règlement pacifique des conflits. Le communiqué final souligne également la volonté des parties de renforcer leur partenariat stratégique, notamment en matière de sécurité transfrontalière, de bon voisinage et de stabilité régionale au sein de l’Union du fleuve Mano. Les dirigeants ont insisté sur la nécessité de dynamiser la coopération économique et sectorielle pour favoriser le développement et les échanges commerciaux.

«Ils ont réaffirmé leur engagement indéfectible envers les principes de souveraineté, d’inviolabilité des frontières, d’intégrité territoriale, l’indépendance politique, de bon voisinage et de fraternité, qui fondent les relations d’amitié et de coopération entre les trois nations. À cet effet, ils ont appelé au retour au statu quo ante de coexistence pacifique entre les communautés frontalières.

Les parties se sont engagées en faveur de la paix, de la sécurité, de la stabilité et du développement au sein de l’Union du fleuve Mano. Elles ont réitéré leur volonté de résoudre les différends frontaliers par des voies diplomatiques, conformément à l’article 33 de la Charte des Nations unies. Elles ont aussi promis une coopération sécuritaire conjointe pour lutter contre l’insécurité, le terrorisme, la criminalité transnationale et les trafics illicites.  Les parties se sont engagées à développer conjointement les activités économiques dans les zones frontalières, au bénéfice de la coexistence pacifique et de la prospérité de leurs populations respectives. Elles ont encouragé les initiatives de coopération en matière de commerce, d’infrastructures, d’énergie, d’environnement, ainsi que la libre circulation des personnes, biens et services», a lu le ministre des Affaires Etrangères, Morisanda Kouyaté, entouré de ses homologues deux autres pays concernés.

Par ailleurs, les trois pays ont décidé décidé d’intensifier les patrouilles et opérations frontalières conjointes, d’échanger régulièrement des renseignements sécuritaires et d’établir des mécanismes de communication rapide entre autorités locales et forces de sécurité. Aussi,  instruction a été donnée aux services en charge des questions frontalières de se réunir dans les plus brefs délais pour prévenir d’autres incidents, faciliter le dialogue intercommunautaire et proposer des solutions concrètes.

A l’occasion de cette rencontre de Conakry, «les parties ont convenu de convoquer, dans un délai d’un mois, un sommet de l’Union du fleuve Mano pour revitaliser cette institution et faciliter un dialogue régulier sur les enjeux de paix, de sécurité et de développement. Elles ont exprimé leur volonté d’effectuer des visites de travail dans leurs pays respectifs pour renforcer la fraternité et la coopération».

A noter qu’à la veille de ce sommet, la télévision nationale guinéenne a montré le départ musclé d’un « dernier contingent » de militaire guinéen après avoir reçu le drapeau des mains du président Mamadi Doumbouya. Selon le Chef d’Etat-major des armées, rejoignant la position affirmée du président Doumbouya, la Guinée ne cédera aucune portion de son territoire. Une position que Conakry présente comme une ligne rouge.

Guinée114.com

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