Les tensions frontalières entre la Guinée et le Libéria, autour d’une zone contestée, se sont intensifiées ces derniers jours. Un sommet de l’Union du Fleuve Mano (regroupant Guinée, Sierra Leone et Libéria), tenu hier à Conakry, a toutefois permis de désamorcer la crise. Les trois chefs d’État ont décidé de trancher à la fois le différend guinéo-libérien et celui guinéo-sierra-léonais par des négociations diplomatiques. Nous avons interrogé le président de l’Alliance pour le Changement et le Progrès (ACP), qui a partagé son point de vue sur cette affaire sensible.
« D’abord, ce qui m’a surpris, c’est la simultanéité de ces problèmes frontaliers au moment où le président de la République vient d’être brillamment élu et les institutions sont en train d’être mises en place. Que ce soit un pays d’accord, mais deux pays (Libéria et Sierra Léone) à la fois en deux semaines d’intervalle, ça laisse à réfléchir et à de profondes analyses. Coïncidences troublantes », a laissé entendre le leader politique, avant de saluer la réaction des militaires de la zone litigieuse qui n’ont pas cédé à la provocation d’un groupe de civils libériens.
« Ceci étant, je me réjouis que les trois chefs d’État se soient réunis avec pour témoin la Côte d’Ivoire pour parler du différend autour de la table. Un conflit entre les pays membres de l’Union du Fleuve Mano est un conflit fratricide, parce que ce sont les mêmes ethnies qui vivent tout au long de leurs frontières communes », a rappelé l’homme politique. Plus loin, il souligne que ce sont les conséquences de la Conférence de Berlin en 1884-1885 qui a consacré le partage de l’Afrique entre les colons. « C’est purement et simplement imaginaire », a-t-il souligné tout en rappelant l’obligation de se conformer à cette imposition de l’impérialisme.
Il a également rappelé que cela fait plus d’un siècle.« Alors on est obligé de faire avec, parce qu’on ne peut plus retracer les frontières. Pour la souveraineté et la dignité des pays, pour l’honneur et la mémoire de nos martyrs, les frontières doivent rester intangibles et immuables. Donc, le mieux c’est de s’entendre et respecter ce qui nous a été malheureusement imposé. Et savoir toujours qu’il n’y a que du regret pendant et après la guerre. On peut savoir quand une guerre commence mais on ne peut jamais savoir quand elle prendra fin. Également, quelque soit l’atrocité de la guerre, elle finit toujours autour de la table. Alors pourquoi ne pas donc commencer par ce qui va être la fin ? C’est ce que le président Mamadi Doumbouya a compris et il a fait appel à ses homologues du Libéria et de la Sierra Léone en présence de la Côte d’Ivoire pour aplanir les divergences », a martelé l’ancien député.
Il a pour finir salué l’esprit de dialogue et la voie diplomatique qui ont prévalu sur la voie des armes.
Mamadou Macka Diallo
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