Alhassane Makanera Kaké sur l’impression d’un nouveau billet de banque : « ça ne va jamais nuire à l’économie »

Le président de la République a, lors de son passage à la Primature où se tenait le conseil interministériel, donné des directives pour sortir de la crise de cash ou de la rareté des espèces. Parmi les mesures, l’impression d’un nouveau billet de banque et la modernisation des moyens de paiement.

Ce mercredi, notre rédaction a recueilli l’analyse d’un économiste sur ces deux points. Docteur Makanera Kaké a tout d’abord fait savoir que c’est une mesure qu’il a « personnellement saluée ». Il s’est également félicité que des propositions qu’il avait faites bien avant ces instructions du président soient prises en compte. Il s’agit de « créer immédiatement la monnaie et de faire des réformes ».

« Mais la plupart des économistes ou les guinéens disent que quand on crée la monnaie, ça crée l’inflation. Mais je tiens à vous rassurer que l’inflation en Guinée est le taux le plus faible des 10 dernières années parce qu’il était autour de 3,8%.

Alors que nous avons géré une inflation supérieure à 10%. Ça signifie que même si cette création monétaire va entraîner l’inflation, ce sera toujours une inflation modérée. Donc ça ne va jamais nuire à l’économie », a expliqué Docteur Alhassane Makanera Kaké avant de faire le point sur l’annonce de l’impression d’un nouveau billet.

« En réalité, il ne faut pas avoir peur des billets lorsque le chiffre frappé dessus est élevé. En France, vous avez des billets de 500 euros. Pour moi, ce n’est pas le chiffre qui est écrit sur le billet, mais l’argent s’analyse à partir de l’économie : l’offre et la demande. Maintenant, le chiffre n’est pas très important pour moi. Je ne vois pas comment ça peut porter atteinte à la vie économique. Il ne faut pas avoir peur. Même si on sort les billets de 100 000, ça ne va pas changer quelque chose. On a juste réduit la quantité », a-t-il martelé.

Parlant de la modernisation des moyens de paiement électroniques qui est l’une des instructions du chef de l’État, notre interlocuteur ne trouve pas d’objections. Selon lui, pour que cela soit possible, il faudrait que les fournisseurs, même les petits commerçants, acceptent de travailler avec.

« Cela nécessitera une négociation, un accord avec eux. Parce qu’en économie, l’acte unilatéral est impuissant. Il faudrait que les acteurs économiques acceptent que cette monnaie circule. L’État doit de son côté garantir que l’utilisation de cette monnaie électronique ne va pas poser de problèmes ou n’a pas d’impact négatif sur leurs activités. Ça facilitera la transaction et ça va nous éloigner de ce qu’on appelle la crise de liquidité technique. C’est l’une des pistes des réformes », a indiqué l’économiste tout en soulignant la nécessité de faire des réformes au niveau de l’État, notamment dans sa mobilisation des recettes et dans sa politique de dépense.

Macka Djaraye DIALLO

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