Maladies cardiovasculaires en Guinée : « la malbouffe les rend plus fréquentes », alerte le Dr Keïta

Dans un entretien accordé à un journaliste de guinée114.com, le médecin généraliste, Docteur Ben Youssouf Keïta, s’est prononcé sur la fréquence des maladies cardiovasculaires en Guinée. Il a d’abord fait le point sur leurs causes et leur évolution, qui font de nombreuses victimes.

« Aujourd’hui, avec l’évolution de la société, nous constatons que les régimes alimentaires riches en gras et en sucre ont augmenté le nombre de problèmes cardiovasculaires. Beaucoup de personnes viennent aujourd’hui pour l’hypertension artérielle, pour le diabète. Et l’hypertension artérielle peut évoluer vers une crise qu’on appelle accident vasculaire cérébral (AVC), qui peut être fulminant et même mortel, qui a besoin d’une prise en charge rapide. Le diabète, quand il n’est pas bien géré, si le taux augmente subitement l’intéressé peut venir avec un coma diabétique. Si ça baisse brusquement, l’intéressé peut venir avec un coma hypoglycémique. Donc ce sont des urgences qui doivent être prises en charge dans des services d’urgence de réanimation de médecine intensive », a fait savoir notre interlocuteur.

Lors d’une plénière du Conseil National de la Transition tenue ce mois de mars 2026 à l’hémicycle, l’honorable conseiller, Professeur Hassan Bah, a souligné la nécessité d’équiper les hôpitaux régionaux en services d’urgence de réanimation. « C’est une très bonne proposition que nous appuyons, qu’il y ait au moins dans les CHU, dans les hôpitaux régionaux, des services de ce genre. Nous ici, quelle que soit une polyclinique privée, nous avons un service de réanimation et un service de traitement de choc. Si nous transportons cela sur le plan national, normalement, tous les hôpitaux dignes de ce nom doivent avoir des salles de ce genre pour accueillir les malades entre la vie et la mort parce que ce sont des cas urgents », a laissé entendre Docteur Ben Youssouf Keïta.

Selon le médecin généraliste, la première cause de mortalité dans les pays développés reste les problèmes cardiovasculaires. « Chez nous ici, c’est le paludisme. Mais au fur et à mesure que nous évoluons, beaucoup de problèmes liés aux maladies cardiovasculaires apparaissent. Les gens viennent en surpoids, et obésité, avec la facilité de la vie, les gens font très peu de mouvements. Très peu de personnes font les 30 minutes d’exercice journalier. La vie sédentaire et l’alimentation riche en protéines, en graisse, en lipides, en sucre. Bref, la malbouffe fait que les problèmes cardiovasculaires sont beaucoup plus fréquents maintenant. Ça n’a pas atteint le niveau du paludisme, mais c’est en train de monter », a-t-il expliqué avant de donner quelques conseils pour prévenir ces maladies.

« Premièrement, il faut manger sain, faire du sport pour brûler la graisse. C’est le dépôt de graisse au niveau des vaisseaux coronariens qui rétrécit le diamètre et peut provoquer l’infarctus du myocarde. C’est le dépôt de graisse au niveau des vaisseaux en général qui peut provoquer l’hypertension artérielle. Et quand l’hypertension artérielle n’est pas contrôlée, c’est ce qui peut aller jusqu’à provoquer la rupture du vaisseau dans le cerveau et causer ce qu’on appelle un AVC », a-t-il mentionné.

Mamadou Macka Diallo

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