Dissolution de 41 partis politiques : recul démocratique ou apaisement nécessaire ?

La dissolution récente de 41 partis politiques en Guinée continue de diviser l’opinion publique. Annoncée le 6 mars dernier par un communiqué radiodiffusé, cette mesure suscite un débat vif entre les Guinéens. D’un côté, certains y voient les prémices d’un retour au parti unique ; de l’autre, elle est saluée comme une étape nécessaire pour apaiser la vie politique. C’est cette dernière position que défend avec vigueur M. Ismaël Condé, professeur de philosophie à la retraite, lors d’une conférence de presse animée ce jeudi 9 avril 2026 à la Maison de la Presse, sise à la Minière.

M. Condé, qui se range sans hésiter dans le camp des partisans de cette décision, invoque son expérience académique pour étayer son point de vue : « Le multipartisme est dangereux pour le continent africain », rappelle-t-il. Pour lui, la diminution du nombre de partis est une source de réjouissance, car « les partis politiques nous ont opposés les uns aux autres et dangereusement ».

Le retraité cite des exemples concrets pour illustrer les ravages du multipartisme. Il évoque le rapport d’Amnesty International d’octobre 2015, qui recense 350 morts dues à des violences politiques en Guinée entre 2005 et 2015 : « Est-ce qu’il y a un fait qui illustre mieux que celui-ci la dangerosité du multipartisme pour le pays ? », interroge-t-il.

M. Condé dénonce le multipartisme comme un modèle importé et inadapté : « Le premier multipartisme, c’était en 1946, imposé par la France coloniale. Le deuxième, en 1990, imposé par la France néocoloniale via François Mitterrand ». Des intellectuels et politiques européens occidentaux ont eux-mêmes souligné sa dangerosité pour l’Afrique dans diverses études.

« Comme nous ne nous faisons pas confiance, nous pensons que ce que l’Occidental dit est la vérité, et on se soucie des diktats qu’on nous donne », critique-t-il.

A noter que, depuis plusieurs années, M. Ismaël Condé a toujours défendu la diminution des formations politiques en Guinée. Tout son combat était pour l’instauration du bipartisme !

François Lelano

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