La précarité des enseignants contractuels en Guinée : un appel urgent d’un instituteur.

Notre reporter a joint ce vendredi, 10 avril 2026 Mohamed Aly Yattara, secrétaire général des enseignants communaux de Guinée. Pour lui, la situation des enseignants contractuels reste une situation délicate et non résolue.

« La situation des enseignants contractuels est aujourd’hui très préoccupante. Sur environ 14 000 enseignants recensés, seuls 10 000 ont été engagés. Les autres continuent de travailler sur le terrain sans salaire ni primes. Pourtant, dans plusieurs localités de l’intérieur du pays, il y a toujours un manque criant d’enseignants. Malgré cela, ce sont ces contractuels qui tiennent les classes. Il faut comprendre que derrière ces enseignants, il y a des pères et des mères de famille. Ce sont des personnes qui ont des responsabilités, mais qui continuent de travailler sans aucune rémunération. Certains sont même contraints d’abandonner temporairement les classes pour chercher de quoi nourrir leur famille », déplore-t-il.

Au-delà de la souffrance individuelle de ces enseignants, cette précarité impacte directement la qualité de l’enseignement. « Lorsqu’un enseignant n’est pas rémunéré de manière conséquente, il ne peut pas se consacrer pleinement à son travail. Aujourd’hui, les enseignants contractuels sont obligés de mener d’autres activités en parallèle pour survivre. Cela réduit leur disponibilité et leur concentration dans les activités pédagogiques. On constate parfois des absences, non pas par manque de volonté, mais parce que ces enseignants n’ont pas d’autre choix. On ne peut pas leur en vouloir entièrement, car ils ne sont pas payés. Mais cela perturbe le bon déroulement du programme scolaire et impacte directement les élèves », explique M. Yattara.

Face à cette situation alarmante, l’intersyndicale de l’éducation multiplie les appels aux autorités pour une prise en charge rapide. « L’intersyndicale a déjà attiré l’attention des autorités sur la nécessité d’engager ces enseignants contractuels. Malgré les recrutements déjà effectués, il existe encore des postes vacants, surtout dans les zones difficiles d’accès. Ces enseignants représentent une solution immédiate à ce problème. Beaucoup parmi eux ont fait leurs preuves lors des pratiques de classe. Certains ont obtenu des notes très satisfaisantes, parfois 14 ou même 16 sur 20. Mais malgré cela, ils n’ont pas été retenus lors de la première phase de recrutement. Nous demandons respectueusement aux autorités d’accélérer le processus d’identification et d’engagement de ces enseignants. Leur intégration rapide permettra non seulement d’améliorer leurs conditions de vie, mais aussi de renforcer le système éducatif guinéen dans son ensemble », conclut l’enseignant.

À noter que ces enseignants contractuels continuent de porter à bout de bras une partie du système éducatif guinéen, en attendant une réponse rapide des autorités.

Mariama sadjo camara

623 286 813

Articles similaires