Siguiri : l’utilisation des poclains a-t-elle repris sur le terrain ?

Plus d’un mois après l’interdiction d’utilisation des engins lourds, notamment les poclains, bulldozers, tractopelles et tout autre engin similaire sur tous les sites d’orpaillage, un constat révèle que des poclains ont repris leurs activités dans le district de Sékè Alahinè, relevant de la sous-préfecture de Doko, dans la préfecture de Siguiri. Notre rédaction est entrée en contact avec un citoyen qui a partagé avec nous ses observations sur le terrain

« L’Etat a interdit l’utilisation des poclains mais on constate que ceux qui utilisent ces poclains sont gardés par des militaires et des gendarmes. Mais qu’est-ce qu’on peut dire ? La population est contre et l’Etat a interdit. Qui donne l’autorisation à ces gens d’utiliser ces poclains pour dégrader de plus notre environnement ? », s’interroge Mohamed Bayo.

« Ce matin, on a vu des choses incroyables parce qu’il y a des citoyens qui se croient jusqu’à présent plus forts que l’Etat, en réalité. Nous sommes allés aujourd’hui dans la sous-préfecture de Doko précisément dans le district de Sékè Alahinè, ce n’est pas en cachette. La reprise est totale. Ils sont même en train d’installer de nouveaux sites », a-t-il témoigné.

Il a toutefois interpellé les autorités locales. Monsieur Bayo a demandé l’application stricte de la loi sur le terrain afin d’éviter l’injustice qui pourrait être source « de révolte ou de soulèvements « . « C’est la faute des autorités locales. Est-ce que ces détenteurs de poclains peuvent travailler sans que ces autorités ne soient informées ? Ils doivent appliquer la loi. Le préfet de Siguiri, c’est le représentant du président de la République dans la préfecture, c’est pareil dans les sous-préfectures. Donc, ils doivent vraiment veiller pour que la paix règne dans la cité parce que la population n’est pas contente. Elle est pour la paix, l’unité et soutient le président. Mais elle est opposée à l’utilisation des poclains à Siguiri surtout à Doko. Les gens sont frustrés. Nous ne pouvons pas rester ici sans constater ce qui se passe sur le terrain et dénoncer cela pour que nos autorités puissent prendre leur responsabilité et redoubler plus d’efforts », a-t-il martelé.

Pour rappel, le communiqué qui a interdit l’utilisation de ces engins a été publié le 13 mars dernier. Il a été co-signé par les ministres de l’administration du territoire et de la décentralisation, des mines et de la géologie et de l’environnement et du développement durable.

Mamadou Macka DIALLO

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