La multiplication anarchique des forages à Conakry, estimée à plus de 23 000 selon certaines sources, entraîne de graves conséquences environnementales et structurelles. Cette situation, née de la difficulté d’accès à l’eau potable, menace désormais l’intégrité du sol de la capitale. À Conakry, certains quartiers ont déjà signalé des fissures sur des bâtiments et des infrastructures, notamment : Nongo-Contéyah, où des maisons ont présenté d’importantes fissures ; Dabompa Plateau, où environ 18 familles ont été touchées en 2023 ; Simambossia, où des fissures inquiétantes sont apparues sur des maisons ; et la commune de Ratoma, où des zones comme Koloma et Kipé sont particulièrement surveillées en raison de la forte densité des forages…
Face à ce phénomène inquiétant, le Premier ministre, Amadou Oury Bah, lors de la remise officielle des 280 logements sociaux à Sonfonia, ce samedi 9 mai 2026, a lancé un appel vibrant aux ministères concernés et aux futurs élus locaux afin qu’ils en fassent une préoccupation pour prévenir ce fléau.
Priorité absolue : « faire de l’habitat décent une norme, résoudre définitivement les coupures récurrentes d’électricité et garantir l’accès à l’eau courante pour tous les citoyens des capitales régionales », a d’abord déclaré.
« Mettez tout en œuvre pour que l’habitat devienne une réalité, pour que nos problèmes récurrents en matière d’électricité soient définitivement résolus », a-t-il lancé avec insistance.
Bah insiste particulièrement sur la question de l’eau : « Mettez en œuvre les politiques pour que l’eau soit au robinet, pour que chaque citoyen des capitales puisse avoir l’eau courante et éliminer progressivement cette multiplicité des forages qui constitue un risque pour la sécurité future de l’habitat. »
Cet avertissement n’est pas anodin. La prolifération des forages dans les zones urbaines comme Conakry représente un danger imminent. « C’est un aspect qu’il faut rappeler : la multiplicité des forages dans une capitale est un risque, parce que, comme vous le savez, la terre, lorsqu’on la pompe, on l’épuise ; il est difficile de remplacer ce qui est utilisé. », explique-t- il.
Plus loin, le chef du gouvernement rappelle que, dans les nappes phréatiques, se créent des vides souterrains. Ces cavités, combinées au poids des constructions en surface et aux secousses sismiques occasionnelles, pourraient provoquer des effondrements catastrophiques. Amadou Oury Bah met en garde : « Nous sommes à la surface ; en dessous, il y a des nappes phréatiques. Plus on pompe ces nappes pour nos besoins de plus en plus importants, plus on laisse un vide en dessous. Ce vide, plus les poids qui se mettront sur la surface et les quelques secousses qui peuvent arriver, peuvent amener des catastrophes. Donc, il faut prendre les devants. »
Il place une responsabilité claire sur les épaules des collectivités locales : « Collectivités locales, ça doit être l’un de vos chantiers futurs. », a-t-il confié
À l’heure où les élections locales approchent, cet appel résonne comme un impératif pour les futurs élus. Investir dans des réseaux d’eau potable structurés, des infrastructures électriques fiables et un habitat sûr n’est plus une option, mais une urgence pour la sécurité et le bien-être des Guinéens.
François Lelano – 621498176