Chaîne pénale en Guinée : l’OGDH évoque plusieurs dysfonctionnements

Dans un rapport rendu public ce jeudi 14 mai 2026, l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen (OGDH) a relevé plusieurs dysfonctionnements dans la chaîne pénale en Guinée. Selon ce document, une étude a été menée pendant sept ans, de 2019 à 2026. Mamadou Malal Diallo, consultant national, a présenté quelques anomalies mentionnées dans le rapport.

« Nous disons qu’en réalité, nous avons, pour ce qui concerne chaque acteur de la chaîne pénale, ressorti quelques dysfonctionnements. Et qui parle de dysfonctionnements, en réalité, doit être en mesure de reconnaître les faits intéressants qui sont intervenus, n’est-ce pas, lors de cette étude. Parce que tout n’est pas mauvais dans ce qui se passe depuis la réforme des textes en 2016. Quand même dix ans après la mise en œuvre, c’est sûr qu’il y a des choses qui vont bien.

Il y a toujours des difficultés. La preuve en est que, comme je l’ai dit, mentionné dans l’étude en 2014, le Procureur général auprès de la Cour d’appel de Conakry avait fait libérer huit (8) personnes qui étaient détenues après 16 ans, au sein de la maison centrale, qui n’ont été ni présentées à un juge d’instruction, ni jugées. Donc ça, c’est un caractère étayant, n’est-ce pas, de ce dysfonctionnement.
J’ai évoqué le cas du jeune qui avait reçu également deux balles et qui a adressé deux plaintes. Une première plainte au tribunal compétent, c’est-à-dire du ressort, dixi. La deuxième plainte au tribunal militaire parce que c’est un homme en tenue qui est concerné. Il n’y a pas eu de suite. Donc, c’est un autre caractère, de dysfonctionnement qui est constaté. Est-ce que les OPJ ont bien fait leur travail ? Ça laisse à désirer », a martelé le consultant national avant d’apporter des précisions sur l’évolution de certains dossiers judiciaires souvent commentés dans les médias ou sur les réseaux sociaux.« Au niveau de la communication, vous avez vu quand une affaire est portée par les médias, généralement, il y a une issue très vite par rapport. J’ai évoqué le cas de Elhadj Hassimiou Diallo, où les personnes (présumées coupables de son assassinat) ont été interpellées avec la prouesse des OPJ. Mais malheureusement, 18 mois après, jusqu’à présent, ça ne va pas pour faute d’avocats.
Sur les 17 personnes mises en cause, il n’y a qu’une seule personne qui avait un avocat. Donc, l’OGDH a décidé de prendre les 16 autres.
C’est ce qui a justifié ou aurait justifié le renvoi de cette audience. J’ai également évoqué le cas de la dame qui a été poignardée à Kankan et qui est décédée.
Grâce aux médias, l’affaire a connu une accélération. De sorte que le gars a été condamné à perpétuité, je crois, avec 30 ans de période de sûreté. C’est-à-dire, tant qu’il n’a pas encore fait 30 ans, son dossier ne peut pas être réexaminé », a-t-il expliqué.

M. Diallo a ensuite souligné une autre problématique concernant les avocats et leurs clients. « Au niveau de chaque acteur de la chaîne pénale, vous avez quand même un dysfonctionnement. Peut-être ce qui n’est pas évoqué. Vous avez même des avocats, par exemple, qui refusent souvent de donner les copies des décisions de justice à leurs clients. Parce qu’ils estiment être mieux placés pour conserver ce dossier. Mais en réalité, ce n’est pas ça. C’est qu’ils ne veulent pas que les gens entreprennent d’autres démarches à leur insu », a-t-il fait savoir.

Plusieurs recommandations ont également été formulées. « Nous avons fait une liste de recommandations avec des actions à entreprendre. C’est-à-dire qu’il y a 13 recommandations au total. Et chaque recommandation a au moins 4 ou 5 activités qui permettent la mise en œuvre de ces recommandations. Parce que souvent, c’est ce qui rend difficile les choses. Vous faites des recommandations, mais vous n’expliquez pas comment les mettre en œuvre. Donc, nous avons pris la latitude de faire en sorte que ceux qui vont être chargés de faire le plaidoyer au niveau des autorités concernées, pourront éventuellement faciliter ou baliser la route pour ces autorités-là, afin de la mise en œuvre de ces recommandations », a-t-il indiqué.

À noter que les 30 dossiers inscrits au rapport seront réactualisés et porteront sur 60 cas au total.

Mamadou Macka Diallo

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