Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 15 mai 2026 au siège de l’Union pour le mouvement populaire (UMP) à Hafia, le président du parti, Boubacar Sidikh Diallo, est largement revenu sur une préoccupation majeure des populations de Conakry : la cherté des loyers.
« En Guinée, les loyers ont atteint des niveaux qui dépassent la raison pour une grande partie de la population. Aujourd’hui, louer une simple chambre peut coûter plus d’un million de francs guinéens ; lorsqu’elle dispose d’une toilette, le prix grimpe à 1,5 million. À Conakry, des studios modernes dans certains quartiers se louent à des sommes équivalentes à 12 000 dollars par an pour un logement chambre salon‑toilette. Ces tarifs ne correspondent pas à la réalité économique de la majorité des ménages », a déclaré M. Diallo.
Pourquoi une telle inflation des loyers ? Selon le candidat aux prochaines législatives, « le problème tient d’abord à l’absence de lois et de mécanismes de régulation du marché locatif. En droit, on dit souvent qu’il n’y a ni crime ni délit sans loi : si un comportement n’est pas interdit, il est permis. Appliqué au secteur immobilier, ce principe signifie que rien n’empêche les propriétaires de fixer des loyers exorbitants. »
Comparant la situation guinéenne aux pays occidentaux, il a expliqué qu’un levier fiscal peut corriger ces excès : « Dans les pays où le marché est mieux encadré, l’État intervient par la fiscalité pour limiter les dérives. Les impôts fonciers et les taxes sur les revenus locatifs sont conçus de manière à rendre moins attractif le maintien de loyers excessifs. Plus un bien est cher, plus il est lourdement taxé ; à terme, un propriétaire peut même perdre son bien si ses obligations fiscales dépassent la valeur du bâtiment. Ce mécanisme, parfois sévère, pousse à louer à des prix raisonnables ou à confier la gestion des biens à la collectivité. »
Il a ajouté : « En Guinée, l’absence d’une telle pression fiscale et réglementaire encourage des comportements contre‑productifs : on construit des immeubles de cinq à dix étages dont seuls les premiers niveaux sont occupés. Les étages supérieurs restent vides parce que les loyers demandés sont inaccessibles pour la plupart. Les revenus proviennent alors essentiellement des boutiques en rez-de‑chaussée, et les immeubles dorment. Si les propriétaires avaient des obligations fiscales strictes, ils seraient incités à louer à des prix accessibles ou à confier la gestion à des autorités locales. »
Il faut souligner que sans régulation et sans politique fiscale adaptée, le marché locatif guinéen risque de rester bloqué dans un équilibre inefficace où ni les ménages ni les collectivités n’en retirent profit.
François Lelano – 621498176