La campagne électorale actuelle révèle une réalité préoccupante pour notre démocratie : certains candidats n’ont ni vision, ni programme, ni projet crédible pour leurs communes ou pour la Nation. Leur seul argument politique semble tenir dans une formule répétée mécaniquement :
« Je suis allié de la GMD. » « Je suis le choix du Président Mamady Doumbouya. »
Voilà donc ce que certains proposent aux populations : non pas des idées, non pas des solutions, non pas une ambition pour le développement local ou national, mais simplement une proximité supposée avec le pouvoir.
Cette pauvreté intellectuelle et politique est inquiétante. Car une élection n’est pas un concours d’allégeance. Une élection n’est pas une compétition de slogans. Une élection n’est pas un exercice de propagande administrative. Une élection est un moment de choix démocratique où le peuple désigne librement des femmes et des hommes capables de le représenter dignement, de défendre ses intérêts et de proposer des solutions concrètes à ses difficultés.
Mais quand certains candidats n’ont aucun programme à présenter, aucun bilan à défendre et aucune vision à proposer, ils se réfugient derrière le nom du Président de la République pour tenter d’impressionner les électeurs.
Pire encore, beaucoup s’adonnent à un exercice de mensonge éhonté en laissant croire qu’ils seraient officiellement “désignés” ou “choisis” par le Président.
Les populations doivent leur répondre avec calme et lucidité : « Nous avons déjà des gouverneurs, des préfets et des sous-préfets qui sont, eux, effectivement nommés par le Président de la République. » Mais les élections communales et législatives ont une autre vocation. Les populations ne cherchent pas des relais administratifs. Elles ne cherchent pas des courtisans politiques. Elles ne cherchent pas des candidats dont la seule compétence consiste à brandir des slogans d’alignement au pouvoir.
Les populations sont à la recherche d’hommes et de femmes compétents, visionnaires, intègres et courageux ; des représentants capables de défendre leurs intérêts, de contrôler l’action publique et de porter leur voix avec responsabilité et dignité.
Les électeurs doivent désormais poser les vraies questions : • Quel est votre programme ? • Quelle est votre vision pour notre commune ? • Quelles solutions proposez-vous pour les jeunes ? • Que comptez-vous faire pour les femmes, les paysans, les enseignants et les commerçants ? • Comment allez-vous améliorer les infrastructures, l’éducation, la santé et l’emploi ?
Car au final, ce ne sont ni les slogans ni les proximités supposées avec le pouvoir qui construiront nos collectivités et notre pays. Ce sont les idées. Ce sont les compétences. Ce sont le travail, l’intégrité et la vision.
Il faut également lancer une mise en garde claire et ferme contre toute tentative de fraude électorale. En effet, quand on s’engage dans un combat politique sans programme, sans vision et sans projet sérieux, le risque est grand de vouloir compenser ce vide politique par le trafic d’influence, les pressions administratives ou la fraude électorale.
Cette ligne ne doit jamais être franchie. La fraude électorale n’est pas une simple irrégularité technique. Elle est une agression contre la souveraineté du peuple. Elle détruit la confiance entre les citoyens et les institutions. Elle nourrit les frustrations, les tensions et les crises. Tous les acteurs doivent comprendre que la paix et la quiétude sociale dépendent du respect sincère de la volonté populaire.
La Guinée a besoin d’élections crédibles, transparentes et apaisées. Elle a besoin de représentants légitimes. Elle a besoin d’un débat politique fondé sur les idées et les projets, non sur l’intimidation, les manipulations ou les réseaux d’influence.
Le peuple guinéen mérite le respect. Et respecter le peuple, c’est respecter son droit de choisir librement celles et ceux qui doivent le représenter.


