Kindia : une fillette de 10 ans décède après avoir été attachée et frappée

Fatoumata Sylla, une fillette de 10 ans scolarisée en 2e année, est décédée à Molota, district de Sefan (Kindia), après avoir été blessée, suscitant émoi et interrogations parmi les habitants. Les autorités locales indiquent que la grand-mère de la victime a été mise en cause et interpellée dans le cadre de l’enquête.

Selon Mohamed Makia Camara, président du district, c’est le médecin du poste de santé qui l’a alerté tard dans la soirée du 2 juin après l’arrivée d’une patiente présentant des saignements de nez. « Vers 21 heures, le docteur m’a appelé pour m’informer qu’il avait reçu une patiente. Il m’a dit qu’elle avait été frappée et qu’il ne pouvait pas intervenir sans mon autorisation. Quand je suis arrivé, j’ai constaté que la fillette saignait du nez. Nous avons demandé à sa grand-mère pourquoi elle l’avait frappée. Elle a d’abord nié l’avoir battue avec un fouet, évoquant seulement de légers coups, et a affirmé que son état était dû au paludisme. Pourtant, des témoins ont déclaré que l’enfant avait été attachée pendant longtemps. Finalement, elle a reconnu avoir attaché la fillette avec son foulard au niveau des mains et une corde au niveau des jambes », a-t-il témoigné.

Le médecin, Harouna Camara, précise avoir reçu la victime le 2 juin en présence de ses parents et avoir immédiatement administré les premiers soins. « Après consultation, le test de diagnostic rapide s’est révélé positif au paludisme. J’ai commencé le traitement le même jour. En aucun moment la famille ne m’a informé qu’elle avait été battue. Le lendemain, ils ont ramené l’enfant dans un état critique : elle était inconsciente et saignait du nez. Mon suppléant lui a administré du sérum et des médicaments pour arrêter l’hémorragie. C’est à ce moment que nous avons appris qu’elle avait été battue », explique-t-il.

Malgré la recommandation d’orienter la fillette vers l’hôpital régional de Kindia, la famille l’a conduite chez un tradipraticien. C’est là qu’elle a finalement succombé. La grand-mère, Mamadama Sylla, a contesté d’abord les accusations, avant de reconnaître les faits sous l’effet des interrogations. Elle déclare avoir voulu corriger l’enfant parce que celle-ci refusait d’aider sa mère handicapée. « Sa mère, qui est handicapée, est venue me voir en pleurant parce que sa fille refusait de laver les ustensiles de cuisine. Je lui ai demandé d’aider sa mère et j’ai voulu la corriger avec un bâton. Mais elle s’est accrochée à moi. Après cela, j’ai constaté que son corps chauffait. J’ai alors demandé à mon mari de l’envoyer à l’hôpital », a-t-elle affirmé.

Elle ajoute: « Les gens m’ont conseillée de l’envoyer chez un tradipraticien parce qu’ils disaient que ce n’était pas une maladie d’hôpital. Là-bas, ils ont commencé les traitements et son état semblait s’améliorer. Ensuite, elle a été transportée chez une autre personne avant son décès ce matin-là », a-t-elle déclaré.

Fatoumata a été inhumée sur instruction du procureur. L’enquête se poursuit pour établir précisément les circonstances du drame et déterminer les responsabilités pénales.

Ce drame relance la question de la protection des enfants et de l’accès aux soins appropriés pour les familles vulnérables.

François Lelano -621498176

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