Le président du Conseil d’administration de la Société des Eaux de Guinée (SEG) a fait des révélations troublantes cette semaine sur la gestion de cette entité publique. A l’occasion de la passation de service entre directeurs généraux entrant et sortant, Yaya Sow a mentionné que la SEG serait déjà «liquidée ou fermée» si elle était une entreprise privée. Suffisant pour camper son état des lieux il y a seize (16) mois quand lui il prenait fonction à la tête du conseil d’administration.
«J’ai trouvé ici une entreprise surendettée. Il y avait des dettes fiscales, la TVA a été collectée mais pas reversée à l’Etat. Je l’ai dit, ce sont des choses très graves. Les dettes sociales, la direction collectait les parts employés et patronat mais ne les reversait pas à la caisse de sécurité sociale…Quelqu’un ici pouvait travailler 25 ans, 30 ans à la SEG et partir sans pension, sans retraite. Il y a eu des dettes fournisseurs colossales également et des dettes bancaires, des découverts bancaires je pense, 19 milliards à l’époque», a révélé le président du conseil d’administration, l’ancien ministre Yaya Sow.
Si c’était une entreprise privée, mentionne-t-il, «on l’aurait liquidée et fermée». Avouant que les indicateurs de gestion se sont légèrement améliorés avec le directeur sortant, le président du Conseil d’administration appelle l’entrant à «continuer les efforts» pour «redresser la SEG parce qu’elle est encore malade».
Ce qui est ainsi décrit à propos de la SEG est plus qu’un diagnostic d’une entité. C’est l’illustration du gouffre de plusieurs entités publiques dont la gestion est jugée calamiteuse. Travailleurs non déclarés à la Caisse nationale de Sécurité Sociale, non versement de dividendes, non-paiement d’impôts, mauvaise gestion financière…beaucoup de nos EPA et autres sociétés publiques ploient sous le poids de crises internes difficiles à redresser. Ce qui rélance le débat sur la reduction du nombre d’EPA et la nécéssité de revoir les nomminations non seulement pour améliorer la gouvernance mais aussi alleger le poids des subventions sur l’Etat.
M’Bonet
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