Trouver un logement abordable et doté de toutes les commodités est devenu un véritable parcours dans la capitale guinéenne. Notre rédaction a donné la parole à plusieurs citoyens ainsi qu’au gérant d’une agence immobilière locale. Ils ont fait le point sur les difficultés liées au coût exorbitant des loyers, aux avances, mais aussi aux complexités de la cohabitation avec les concessionnaires.
Avant de livrer son analyse, notre premier interlocuteur a tenu à souligner que les tarifs de location à Conakry restent liés au niveau de confort et à l’emplacement géographique du logement. « J’ai effectivement rencontré des difficultés partout où j’ai logé. De façon générale, il faut dire que se loger à Conakry est un véritable parcours du combattant. Surtout quand on a le malheur de cohabiter avec certains propriétaires dans la même cour ; cela devient un calvaire », fait savoir François Lelano.
Pour lui, au-delà des prix exorbitants, il y a le problème des commodités. « Beaucoup de maisons en location à Conakry ne répondent pas aux normes. Le plus souvent, c’est au locataire de se battre pour rendre le logement habitable. Ce qui préoccupe les bailleurs, c’est l’argent, pas l’état de l’habitation. Vous pouvez ainsi trouver une simple chambre (entrée-couché) sans aucun confort, et on vous demandera 400 000, 450 000 GNF ou plus.
Parfois, le prix varie aussi en fonction de la zone. Du centre-ville (Kaloum) à Sonfonia en passant par Hamdallaye, Kaporo, Kipé, Nongo et Lambanyi, les prix sont totalement différents de ceux de l’autoroute Le Prince (Hamdallaye, Bambeto, Cosa jusqu’à Kagbelen). Du côté de l’autoroute Fidel Castro, les prix diffèrent également. Il n’existe donc aucun prix standard pour les logements en location », a-t-il indiqué.
Mamadou Younoussa Barry, locataire, revient aussi sur les difficultés qu’il rencontre souvent avec les propriétaires : « Les difficultés que je rencontre sont notamment liées au prix de location et aux avances exigées par les propriétaires. Certains bailleurs n’attendent même pas que les avances précédentes soient épuisées pour en réclamer de nouvelles. De mon côté, je paie 250 000 GNF par mois, mais le propriétaire me réclame constamment des avances de 3 000 000 ou 3 500 000 GNF », a-t-il témoigné.
L’autre habitant d’Hamdallaye, commune de Ratoma a soulevé une autre situation qui lui préoccupe en plus des avances. « Les problèmes avec mon propriétaire tournent souvent autour de mes enfants. Dès qu’ils se battent avec les siens ou qu’ils jouent dans la cour, cela devient une source de désaccord. Il y a aussi la question des avances. Il lui arrive de réclamer un ou deux ans de loyer d’un coup, et réunir une telle somme est extrêmement difficile. J’invite l’État à réglementer urgemment ce secteur », a mentionné Souleymane Barry.
Pour sa part, le secrétaire général d’une agence immobilière basée à Hamdallaye a dans ses explications dénoncé l’implication des démarcheurs « informels ». « À notre niveau, il n’y a pas de problème. Si tous les demandeurs de logement se tournaient vers les agences, je pense qu’ils seraient mieux informés et protégés. Malheureusement, les gens passent généralement par des démarcheurs informels.
Les agences, elles, sont très bien structurées et soumises à des règles claires », a laissé entendre Nouhan Keïta.
Et d’ajouter : « Chez nous, les frais de déplacement sont fixés à 30 000 GNF qui sont différents de la commission qui n’est versée que lorsqu’il y a accord entre le client et le propriétaire, matérialisé par un contrat dûment signé. Cette commission représente l’équivalent d’un mois de loyer. Si le loyer est fixé à 1 000 000 GNF, la commission sera de 1 000 000 GNF », a-t-il martelé tout en s’exprimant sur la problématique des avances. « Sur ce point, l’État doit impérativement s’impliquer. Le problème majeur ne vient pas toujours du coût mensuel du loyer, mais du montant de l’avance qui asphyxie les clients. L’État devrait fixer un plafond, par exemple un maximum de 3 mois d’avance », a-t-il lancé.
Il faut noter que l’autre problématique du logement à Conakry est l’augmentation incontrôlée des frais de location par certains concessionnaires.
Mamadou Macka DIALLO
666 660 366


