Réunie en atelier à Conakry, ce mardi 7 juillet 2026, le Conseil national des organisations de la société civile de Guinée (CNOSCG) s’engage à remettre un document de plaidoyer au Premier ministre. L’objectif : faire du renforcement de la participation citoyenne et de la transparence une priorité, alors que la Guinée est sous pression internationale pour respecter ses engagements au sein de l’ITIE.
Quelques jours après la réunion du Conseil de supervision de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), présidée par le Premier ministre, la société civile passe à l’action.
Sous la conduite de son président, Ange Gabriel Haba, le CONCSG a ouvert un atelier d’élaboration d’un document de plaidoyer destiné aux plus hautes autorités du pays. Cette démarche fait suite aux engagements pris par le chef du gouvernement lors du Conseil de supervision de l’ITIE. « Le Premier ministre a pris beaucoup d’engagements pour renforcer l’espace civique et la participation citoyenne, car aujourd’hui l’un des points extrêmement importants dans la notation de la Guinée, après la revue et la conclusion du rapport d’évaluation, c’est le renforcement de l’espace civique », a déclaré Ange Gabriel Haba.
Pour le président du CONCSG, cette rencontre est « stratégique ». Elle intervient à un moment où la Guinée dispose de six mois pour se conformer aux exigences de l’ITIE, sous peine de suspension. Le document en préparation doit recenser les préoccupations de toutes les organisations membres du comité de pilotage et de celles qui œuvrent pour la participation citoyenne. Il sera soumis à la commission mise en place par le Premier ministre, puis transmis au chef du gouvernement. « Nous attendons que ce document soit entendu. Ce qui est le plus important, c’est que l’État puisse faciliter la participation citoyenne. La société civile est le premier partenaire de l’État. Son rôle est de renforcer la gouvernance, la transparence et la participation citoyenne », a-t-il souligné.
Ange Gabriel Haba estime que la crédibilité de l’action publique dépend directement de cette inclusion. « La gouvernance du pays est exercée au nom des citoyens et pour les citoyens. La société civile est une représentation des citoyens. C’est pourquoi notre participation à la gouvernance est extrêmement importante », a-t-il ajouté.
Alors que le pays entre dans une phase d’installation des institutions et d’organisation des élections, le CONCSG veut jouer son rôle et sa proposition. « Nous sommes résolus à travailler et à continuer à renforcer notre position, mais aussi à faire en sorte que tout ce qui n’a pas permis aujourd’hui de consolider l’espace civique soit revu », a conclu son président.

De son côté, Abdoulaye Soumah, ingénieur géologue et chargé de la communication à l’ITIE Guinée, a souligné que cette journée visait à partager les résultats de la dernière validation de la Guinée par l’ITIE. « Cette validation date de 2025 ; c’est la dernière : la Guinée a déjà subi quatre validations. La première portait sur la conformité et la Guinée était conforme. La deuxième a classé le pays parmi les pays à progrès significatif. La troisième validation a donné à la Guinée la note de 88 sur 100 ; la dernière nous a attribué 73,5 sur 100. »
« La société civile apporte aujourd’hui sa contribution par des mesures collectives : rendre l’information accessible aux membres du comité de pilotage et mettre ces informations à la disposition de tous les citoyens », a-t-il conclu.
François Lelano 621498176


