Exploitations minières clandestines : Alphonse Charles Wright verrouille le dossier de Siguiri

Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, a requis une interdiction de sortie du territoire national visant plusieurs dizaines de personnes dans le cadre d’une vaste enquête sur l’exploitation minière clandestine à Siguiri.
La mesure concerne d’anciens responsables administratifs, des cadres des services déconcentrés de l’État, des agents techniques, des exploitants miniers présumés ainsi que plusieurs ressortissants étrangers. Selon le parquet spécial, cette décision vise à garantir leur disponibilité pour les besoins de l’enquête.

L’information est contenue dans une réquisition du parquet spécial de la CRIEF, qui évoque une procédure portant sur de présumées infractions liées à la dégradation de l’environnement par l’exploitation minière clandestine. Les faits visés incluent également des soupçons de corruption d’agents publics, concussion, faux et usage de faux en écritures publiques, blanchiment de capitaux, enrichissement illicite et complicité.
D’anciens responsables administratifs visés
Parmi les personnalités citées figurent notamment le colonel Sékou Seny Silver Camara, ancien préfet de Siguiri, Amara Kaba, ex-secrétaire général de la préfecture, Mamoudou Kouyaté, ancien chef de cabinet, ainsi que Fatoumata Binta Sow, ancienne directrice préfectorale de l’Administration du territoire et de la Décentralisation.

La réquisition vise également plusieurs sous-préfets suspendus dans le cadre des enquêtes sur les atteintes à l’environnement, Amoé Kovogui, ancien directeur préfectoral des Mines, Ibrahima Kamano, ancien directeur préfectoral de l’Environnement, le lieutenant Youssouf Condé, actuel directeur préfectoral de l’Environnement, ainsi que Daouda Sangaré, ancien chef de la section pollution, nuisances et changements climatiques.
Le parquet fait aussi référence aux autres cadres suspendus par la décision n° D/2026/005/MEDD/CAB du 15 juin 2026 du ministère de l’Environnement et du Développement durable.
Des responsables nationaux et des agents techniques concernés
L’interdiction sollicitée s’étend également à Ousmane Kaba, directeur national des Mines, et à Moustapha Camara, directeur national adjoint des Mines.
Sont aussi concernés des agents des services des eaux et forêts, des membres de l’unité préfectorale de lutte contre la criminalité faunique et floristique, ainsi que plusieurs techniciens, géologues, chauffeurs, intermédiaires et exploitants présumés de sites miniers.
Trois ressortissants chinois dans la procédure
Le parquet spécial demande également l’interdiction de sortie du territoire de trois ressortissants chinois domiciliés à Siguiri : Li Dai Tuan, Teying Liang et Yi Qin. Selon la réquisition, leur présence en Guinée est jugée indispensable pour les besoins de la procédure.
Exploitants miniers et intermédiaires dans le viseur
La liste des personnes concernées comprend également plusieurs exploitants de sites miniers, démarcheurs et intermédiaires opérant dans différentes localités de Siguiri et de Dinguiraye.
Parmi eux figurent notamment Oustache Bénoit Sanoh, technicien géologue, Mamadou Oury Diallo, Bernard Lamah, Ousmane Lamine Sylla, ingénieur géologue, Seyra Hermon, géologue de nationalité ghanéenne, Mohamed Cheick Keita, ancien contrôleur de police à Dinguiraye devenu préfet de Labé, Mamadou Marega, président des orpailleurs de Dinguiraye, ainsi que plusieurs responsables locaux des services miniers.
Le document recense également de nombreux exploitants présumés de sites miniers dans plusieurs districts et sous-préfectures de Siguiri, notamment à Kounkoun, Fadougou, Boukourou, Fifa, Tomboni, Soumbarakoba, Tabakoro, Diatela, Brékola, Kodjoulen, Sarandjana, Norassoba, Dalaminkan, Wolewoleya, Kosonko Koungbé, Madina Brai et Baindou.
Empêcher toute fuite
Dans sa réquisition, le procureur spécial estime que cette mesure est nécessaire afin d’éviter que les personnes concernées ne se soustraient à la justice.
À cet effet, il a saisi le commissaire spécial de l’aéroport international Ahmed Sékou Touré ainsi que le directeur général de la Police de l’air et des frontières pour qu’ils prennent toutes les dispositions nécessaires afin d’empêcher les personnes visées de quitter le territoire national.

Une enquête à forts enjeux

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des investigations menées sur les conséquences environnementales de l’exploitation artisanale et clandestine de l’or dans la préfecture de Siguiri. Les autorités dénoncent notamment la dégradation des cours d’eau, des terres agricoles et des forêts, ainsi que les soupçons de corruption et d’infractions financières qui entoureraient ces activités.

Guinee114.com

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