Le procureur spécial près la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, a ce lundi 20 juillet 2026, ordonné l’ouverture d’une enquête visant à faire éclater la vérité sur des irrégularités présumées dans la gestion de projets d’eau et d’aide humanitaire en Guinée, impliquant d’importants montants publics et internationaux, selon les éléments transmis au parquet.
Les faits dénoncés concernent notamment le Projet d’Amélioration des Services d’Eau dans les quatre régions naturelles de la Guinée et le Projet d’Approvisionnement en Eau Potable et d’Assainissement en milieu rural pour la Moyenne et la Haute Guinée, gérés par le Service National d’Aménagement des Points d’Eaux (SNAPE). Les sommes mentionnées s’élèvent à vingt-deux millions cent cinq mille neuf cent quatre‑vingt‑dix euros (22 105 990,00 €) et quarante‑cinq millions de dollars (45 000 000,00 USD).
Par ailleurs, le Fonds Central de Réponse d’Urgence (CERF) des Nations Unies aurait accordé, en décembre 2024, une aide de 2,5 millions de dollars destinée aux victimes des inondations dans les régions de Kankan et Nzérékoré. Ce financement devait être géré par l’Agence Nationale de Gestion des Urgences et Catastrophes Humanitaires (ANGUCH), en coordination avec les agences du système des Nations Unies, les structures étatiques, la société civile et les partenaires humanitaires.
Trois projets prioritaires figuraient au cœur de cette réponse :
• Santé et assistance médicale (OMS) : dotation de 474 791 dollars pour la réhabilitation des infrastructures sanitaires, l’approvisionnement en médicaments essentiels et la prévention des maladies hydriques. Ces actions ciblaient principalement les zones les plus touchées de Kankan, Mandiana, Kouroussa et Guéckédou. Environ 60 427 personnes devaient bénéficier de cette aide, en particulier les femmes enceintes et allaitantes.
• Assistance alimentaire (PAM) : financement de 1 325 000 dollars pour des transferts monétaires d’urgence aux ménages les plus affectés à Mandiana et Guéckédou, visant 60 427 bénéficiaires, dont les femmes enceintes, les mères allaitantes et les enfants de moins de cinq ans.
• Eau, hygiène, assainissement (EHA) et éducation (UNICEF) : budget de 700 015 dollars pour restaurer l’accès à l’eau potable, réhabiliter des latrines dans les écoles et structures sanitaires, mener des campagnes d’hygiène et distribuer des kits. Le projet visait 45 000 personnes, dont 12 000 élèves dans 22 écoles gravement touchées.
L’enquête se déroulera sous la direction des substituts du procureur spécial Ousmane Sano, Biwon Millimono et Pierre Ségbé Kamano, à la diligence du pool requis, conformément à l’article 11 du code de procédure.



