Lac Gbassikolo : Moussa Moïse Sylla retrace son histoire

Situé à proximité du Palais du Peuple, le lac Gbassikolo est un site historique méconnu de nombreux Guinéens. Dans un entretien accordé à la DCI-PRG, le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat a mis en lumière l’histoire de ce lieu, son importance patrimoniale et son rôle dans le rayonnement culturel de la Guinée.

« GBassikolo repose sur une légende. Et la légende, ce sont des faits qui peuvent être déformés au fil du temps, mais qui reposent sur un fond réel. GBassikolo repose donc sur une légende transmise de génération en génération grâce à la puissance de notre tradition orale. ​Elle raconte qu’à l’époque, le cœur de la capitale, qui est Kaloum le quartier où se trouve le lac appelé Tombo, cette partie-là était séparée de l’autre partie par un bras de mer », a fait savoir Moussa Moïse Sylla.

Poursuivant sa narration, le ministre revient sur l’origine de cette histoire. « Les populations qui vivaient des deux côtés des rives devaient donc quotidiennement se déplacer. Et un vieux de la communauté Baga, l’une des communautés installées au niveau des côtes maritimes s’appelait GBassi. C’était un piroguier, et c’est lui qui exerçait l’activité de traversée pour les populations des deux rives. G​hassi a fait longtemps cette activité. Mais sous le poids de l’âge, il avait du mal à continuer à utiliser sa pirogue pour la traversée », a-t-il expliqué avant de faire précision sur l’origine du GBassikolo.

« Il avait une démarche qui démontrait la fatigue, qui faisait en sorte que les gens apparentaient sa démarche à celle du caméléon. Et le caméléon, en langue soussou, est appelé « Kolo ». C’est donc la jonction entre « GBassi », qui est son nom, et « Kolo » qui a donné GBassikolo. ​La légende raconte qu’à la fin de sa vie, aux dernières heures de son existence, il a décidé de ne former qu’un seul corps avec le bras de mer. Il s’est donc jeté dans les profondeurs de cette eau pour se transformer en une créature supranaturelle. Depuis lors, la légende n’a cessé de grandir jusqu’à nos jours pour continuer à faire vivre ce lac qui n’est pas seulement une partie de la mer coincée entre deux continents, mais un pan de notre patrimoine. Il raconte notre histoire, le vécu de la communauté Baga, mais au-delà, celui des populations de la ville de Conakry. C’est un patrimoine qu’il fallait tout de suite valoriser pour sa sauvegarde et pour sa transmission aux générations futures », a laissé entendre le ministre.

Il faut noter qu’aujourd’hui, cet endroit présente un visage à la fois nouveau et attrayant.

Mamadou Macka Diallo
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