Dégradation du cimetière de Dar es Salam : le chef de quartier met en garde des ONG qui profitent de la situation

Dans un état de délabrement avancé, aggravé par l’accumulation des déchets, le cimetière de Dar es Salam est aujourd’hui au cœur d’une vive polémique. Le chef de quartier de cette localité, chargé de veiller sur les biens de sa circonscription, dénonce des pratiques qu’il qualifie de malsaines. Selon lui, plusieurs ONG profiteraient de cette situation alarmante pour obtenir des financements auprès de partenaires, sans que le quartier n’en bénéficie réellement.

Interrogé par une équipe de Guinee114.com, Ibrahima Diallo, chef de quartier, a d’abord exprimé son inquiétude face à la dégradation du site, dont une grande partie est envahie par les déchets : « C’est un cri d’alarme. Cela nous met très mal à l’aise, car plusieurs générations sont enterrées ici. Nos parents reposent dans ce cimetière. Mais l’avancée des ordures cause d’énormes dégâts. À chaque fois, le mur s’effondre », a-t-il expliqué.

Au-delà des déchets, les habitants de cette partie de Conakry subissent également les effets des odeurs toxiques provenant des eaux stagnantes et du littoral. Cette situation contribue à la détérioration du mur du cimetière, facilitant ainsi l’accès aux chiens errants. « Ce sont des chiens qui peuvent entrer et même déterrer les corps. C’est totalement inacceptable », déplore Ibrahima Diallo, avant de lancer un appel aux personnes de bonne volonté.« Nous souffrons énormément de cette situation. Nous invitons toutes les bonnes volontés à nous venir en aide. Toute contribution, qu’elle soit financière ou matérielle, doit passer par les autorités du quartier », a-t-il insisté.

Selon lui, malgré les conditions difficiles de vie des habitants de Dar es Salam, certaines ONG se présentent comme des bienfaiteurs en initiant des projets censés aider à la reconstruction du cimetière. Toutefois, ces initiatives n’aboutissent que rarement. « Des femmes qui récupèrent des pneus à la décharge témoignent régulièrement de leurs difficultés. À chaque fois, des ONG viennent filmer, prendre des images et réaliser des interviews, parfois même dans différentes langues », a-t-il indiqué.

« Une fois ces images collectées, elles sont utilisées pour monter des projets et solliciter des financements à l’étranger. On nous contacte parfois pour valider ces projets. Mais sur le terrain, nous ne voyons aucun impact », regrette-t-il.

Face à cette situation, le chef de quartier se montre ferme : « Toute personne qui viendra désormais dans le quartier sans se référer aux autorités locales sera surveillée de près. Nous ne voulons plus que certains profitent de notre souffrance pendant que nous continuons à en subir les conséquences. »

Il invite ainsi les ONG, les médias et toute personne souhaitant intervenir dans le quartier que ce soit pour réaliser des images, des vidéos ou des interviews à se rapprocher au préalable du bureau du quartier.

Aminata Cissé

Articles similaires