Face à un parterre de journalistes publics et privés, ce mardi 11 août 2026, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, accompagnée de deux homologues ministres ainsi que du gouverneur de la Banque centrale de Guinée, a annoncé la conclusion des services en vue d’un nouveau programme économique et financier soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) du Fonds monétaire international (FMI), pour une durée de 41 mois.
Selon la ministre, l’économie guinéenne est en accélération, et cet accord intervient dans un contexte de forte dynamique économique. Après une croissance estimée à 7,1% en 2025, l’activité devrait progresser d’environ 8,6% en 2026, portée notamment par le secteur minier, la montée en puissance du projet Simandou et les investissements associés. « L’enjeu est désormais de transformer cette dynamique en emplois, en infrastructures, en diversification économique et en amélioration des conditions de vie, tout en préservant la stabilité macroéconomique et la soutenabilité de la dette », a précisé Mariama Ciré Sylla.
selon elle, le futur programme mettra l’accent sur cinq priorités pour consolider les fondations de l’économie nationale :
1. la mobilisation durable des recettes publiques, notamment minières, et le renforcement de la transparence dans la gestion des ressources naturelles ;
2. l’amélioration de la gestion des finances publiques, de la programmation et de l’exécution des investissements, ainsi que de la qualité de la dépense ;
3. la consolidation de la stabilité macroéconomique et financière, le renforcement des réserves internationales et la résilience face aux chocs ;
4. le renforcement de la gouvernance, de la transparence et de la redevabilité, ainsi que des institutions économiques ;
5. la diversification de l’économie, le développement du secteur privé, la création d’emplois et le renforcement du capital humain…
« Notre croissance a atteint 6,2% en 2025 et devrait s’accélérer à 6,8% en 2026. Les recettes fiscales sont passées de 8,6% du PIB en 2024 à 11,3% en 2025. Les réserves de change se renforcent et notre dette publique demeure à un niveau modéré. Notre pays a également franchi une étape historique en obtenant sa première notation souveraine internationale, avec une perspective stable, avant de voir cette perspective relevée de stable à positive en six mois. Ces résultats ne sont pas tombés du ciel. Ils sont le fruit des efforts de nos administrations et de nos régies financières, de nos entreprises, de nos travailleurs, de nos entrepreneurs et de tous ceux qui, chaque jour, contribuent à faire avancer notre pays », a déclaré la ministre, avant de revenir sur la portée de ces différents résultats.
« Ils démontrent surtout que la Guinée n’aborde pas ce nouveau programme avec le FMI en situation de crise ou de faiblesse, mais plutôt avec des atouts, des ambitions, des ressources considérables et la volonté de durablement changer d’échelle. L’enjeu fondamental est de transformer cette croissance, portée par l’expansion minière et les investissements dans les infrastructures, en une amélioration durable des conditions de vie de nos populations. Sans une gestion rigoureuse, une telle croissance peut accroître des déséquilibres et ne pas servir, comme nous le souhaitons, les populations guinéennes. »
Selon Mariama Ciré Sylla, l’objectif de ce programme est de mobiliser plus de recettes internes afin de financer le programme de développement, notamment en élargissant l’assiette fiscale, en luttant contre la fraude et en digitalisant le système fiscal.
Concernant la quatrième priorité, la ministre souligne que la diversification économique et la promotion du capital humain consisteront à créer un environnement favorable pour l’agriculture, l’industrie légère et le premier pilier du programme « Guinée 2040 », mais aussi pour les services et les PME. « Cela passe par le renforcement du capital humain afin de créer des emplois qui valorisent localement nos ressources », a-t-elle indiqué.
Quant à la cinquième priorité, celle de la réforme de l’État et de la modernisation des institutions, la ministre a tenu à justifier cette orientation : « Nous le mettons en œuvre parce que la Guinée en a besoin. Nous réformons parce que nous voulons mobiliser davantage de recettes pour financer vos hôpitaux, vos écoles, nos routes, l’accès à l’eau, à l’électricité et à un emploi décent. Nous améliorons la qualité de la dépense parce que l’argent public doit être utilisé avec responsabilité et que chaque franc dépensé doit bénéficier au peuple guinéen. Nous travaillons à avoir une dette maîtrisée parce que nous voulons investir aujourd’hui en gardant à l’esprit l’avenir de nos enfants, et nous renforçons nos institutions parce que notre pays a besoin d’un État fort, crédible et efficace », a soutenu la ministre des Finances.
« Nous voulons une Guinée capable d’attirer les investisseurs tout en défendant ses intérêts. Une Guinée capable de mobiliser ses partenaires tout en renforçant progressivement son autonomie financière. Une Guinée qui valorise ses ressources naturelles sur son territoire, dont le secteur privé produit des champions nationaux et offre davantage d’opportunités à sa jeunesse », a-t-elle conclu.
François Lelano – 621498176


