Le procès de l’activiste Bella Bah s’est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Dixinn ce lundi 17 août 2026. Après la clôture des débats, le ministère public a pris la parole pour présenter ses réquisitions.
Dans son intervention, le substitut du procureur a affirmé que les faits d’injures et de diffamation reprochés au prévenu étaient pleinement constitués. « Pour nous, cette affaire est limpide. Les faits sont têtus. La vérité est déjà connue », a-t-il déclaré.
Il a ainsi sollicité qu’il plaise au tribunal de retenir le prévenu dans les liens de la prévention. Pour la répression, il a requis une peine d’un an d’emprisonnement ferme, conformément aux articles 360 et suivants du Code pénal, ainsi qu’aux dispositions de la loi relative à la cybersécurité et à la protection des données à caractère personnel.
La défense a axé ses plaidoiries sur le profil de son client, rappelant d’abord qu’il s’agit d’un délinquant primaire. Maître Alseny Aïssata Diallo, l’un des conseils de l’activiste, a plaidé pour de larges circonstances atténuantes et a demandé l’application de l’article 544 du Code pénal.« Le pardon de la victime doit peser dans cette affaire », a renchéri Maître Amadou DS Bah. Ce dernier a également sollicité de larges circonstances atténuantes en vertu de l’article 116 du Code pénal.
En invoquant aussi l’article 135 du même code, au cas où le tribunal le retiendrait dans les liens de la prévention, de le condamner avec sursis.
Pour sa défense, Bella declare : « Je suis un entrepreneur, je suis un Guinéen qui aime ce pays, qui se bat pour que ce pays aille de l’avant. Je n’ai jamais été jugé et condamné. Je n’ai jamais volé, je n’ai jamais triché dans ce pays. Ce que j’aime, c’est d’entreprendre, c’est de créer, c’est d’inspirer des jeunes pour aller de l’avant.
Je forme plus de 400 et quelques élèves. J’encadre plus de 30 personnes au sein de mon entreprise. Je n’ai jamais insulté qui que ce soit. Peut-être mes propos ont été interprétés autrement, mais je n’ai jamais eu l’intention d’injurier, de calomnier ou de diffamer qui que ce soit. Votre décision va donner de l’espoir à certains élèves. Ça va permettre à ce que je puisse faire ce que j’aime bien : éduquer, encadrer, inspirer.»
Le juge a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le mercredi, 19 août 2026. Pour rappel, Bela Bah avait été interpellé le 8 août dernier.
Mamadou Macka Diallo
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