Drame à Dar-es-Salam : les habitants dénoncent des alertes ignorées

Les habitants du quartier Dar-es-Salam, dans la commune de Gbessia, ont été durement touchés par un éboulement meurtrier dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août 2026. Sur les lieux, plus de dix (10) corps ont déjà été sortis des décombres par les services de la protection civile, de la Croix-Rouge et des jeunes mobilisés pour prêter main-forte.

Sur place, un jeune leader de Dar-es-Salam 2 a déploré une situation qui, selon lui, était prévisible. « Personne ne peut estimer le nombre exact de résidents, mais vu qu’hier c’était un samedi, il y avait énormément de monde présent sur les lieux. Ce secteur est habité par des Sierra-Léonais et des Guinéens. On ne peut pas déterminer avec précision le nombre de victimes, mais il y a eu beaucoup de morts. Jusqu’à présent, les équipes sont en train de chercher et de retrouver les corps. La situation est précaire et très désagréable. Aujourd’hui, nous faisons face à cet éboulement qui était pourtant prévisible. Un drame similaire s’était déjà produit en 2017. Aujourd’hui, nous sommes le 23 août 2026, ce qui fait neuf ans, jour pour jour », a témoigné Abou Hamza avant de rappeler les démarches menées par la jeunesse du quartier.

« La jeunesse de Dar Es Salam a mené de nombreuses manifestations ; nous avons organisé des sit-in (dont j’étais le responsable) ainsi que des lectures du Saint Coran. Nous avons tout fait pour éviter le drame d’aujourd’hui, mais cela n’a rien empêché. Nous avions même invité le Premier ministre sur le terrain. Il était venu, avait étudié la situation et ordonné au département responsable de fermer la décharge avant de procéder à la délocalisation. Mais le département concerné étudiait le terrain depuis un an. Le Premier ministre était venu le 23 juillet 2025 et nous avait promis une fermeture immédiate. Depuis lors, les travaux continuaient et ils ont poussé les ordures vers les concessions. Un événement s’est d’ailleurs produit hier soir, aux environs de 1h du matin : des engins travaillaient en haut, et un responsable a envoyé une délégation pour leur demander d’arrêter, car ils poussaient les ordures directement jusqu’aux habitations », a-t-il expliqué.

Pour lui, l’État aurait dû fermer cette décharge depuis l’éboulement de 2017 qui a fait 9 morts. « Je peux dire que l’État est responsable de ce qui s’est passé aujourd’hui. Je ne vais pas me voiler la face : ils sont responsables. Ils sont venus constater le risque d’éboulement dès 2025. S’il y a ce drame aujourd’hui, c’est parce qu’ils n’ont pas pris les mesures nécessaires. Il y avait déjà eu un éboulement qui avait fait neuf morts par le passé. C’est depuis cette époque que des dispositions auraient dû être prises. Nous avons multiplié les alertes et les médias comme vous êtes venus. À chaque fois, ce ne sont que des promesses. Et aujourd’hui, nous comptons encore des morts. Quand est-ce que cela va s’arrêter ? Aujourd’hui, la situation impose une solution définitive. Je ne pense pas que cette décharge puisse continuer à fonctionner ainsi. Nous en avons marre », a-t-il dénoncé.

Les opérations de recherches continuent sur les lieux du sinistre.

Mamadou Macka Diallo  666 660 366

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