Ce mercredi 26 août 2026, le ministre de la Modernisation de l’Administration publique et de la Fonction publique, accompagné de plusieurs membres du gouvernement, a lancé les travaux de consolidation du cadre juridique de l’organisation et du fonctionnement de l’administration publique. Des experts et cadres techniques du département travailleront, du 26 au 29 août, sur trois « chantiers » majeurs : la relecture de la loi relative à l’organisation et au fonctionnement de l’administration, l’élaboration de la loi portant Charte du service public et la rédaction de la loi relative à la simplification des procédures administratives.

Dans son intervention, le conseiller juridique du département a rappelé toute l’importance d’une telle démarche.« Les travaux qui commencent aujourd’hui doivent donc être compris comme faisant partie d’une démarche plus globale. Il ne s’agit pas simplement de réécrire ces trois textes ; il s’agit de contribuer, à travers ces textes, à la construction d’un nouveau cadre de gouvernance administrative, davantage adapté aux exigences de l’efficacité publique, de la performance et de la transparence », a souligné Younoussa Camara.

Le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique est revenu sur l’objectif de cette initiative :
« Notre pays est engagé dans une dynamique profonde de transformation de l’État. Cette transformation ne saurait se limiter à la modification de quelques procédures, à la réorganisation de certains services ou à la modernisation des outils de travail. Nous avons pensé mener une réforme plus profonde, plus globale et plus structurante.
C’est dans cet esprit que, depuis l’année dernière, nous avons engagé des travaux d’élaboration d’un Programme de Réforme de l’État et de Modernisation de l’Administration Publique (PREMAP). Ce programme a pour premier axe le renforcement du cadre institutionnel de l’État.
Le chantier que nous ouvrons aujourd’hui s’inscrit pleinement dans le cadre de la mise en œuvre des objectifs de ce premier axe, car la réforme administrative doit être juridiquement sécurisée, institutionnellement cohérente et opérationnellement applicable. C’est tout le sens de cette rencontre ici dans cette salle », a déclaré Faya François Bourouno.
Le patron du département de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique a ensuite fait le point des différents chantiers prévus durant cet atelier.
« Le premier chantier que nous ouvrons est la relecture de la loi relative à l’organisation et au fonctionnement de l’administration. Nous savons tous que les contextes évoluent, les enjeux et les défis évoluent ; notre administration doit aussi faire évoluer son organisation et son mode de fonctionnement. Certains disaient, lors de l’élaboration du PREMAP, qu’il fallait repenser notre modèle : est-ce que les fonctions de Secrétaire général (SG), par exemple, ou les fonctions de Chef de Cabinet, telles que définies dans notre administration, constituent le meilleur modèle ? D’aucuns pensaient que le modèle ivoirien était le meilleur, avec un Directeur de Cabinet sous le Ministre.J’ai la chance d’avoir mon frère, M. Ismaël Nabé, ministre du Plan. Nous avons eu des échanges il y a deux semaines avec mon homologue de Côte d’Ivoire, qui me disait qu’ils sont eux aussi en train de réfléchir à ramener le poste de SG dans leur administration. Cela veut dire qu’il n’y a jamais de « meilleur » modèle absolu : ce sont les choix que nous faisons pour faire en sorte que les textes qu’on élabore, les organisations qu’on se fixe et les règles qu’on élabore, on s’attelle à les appliquer », a-t-il martelé.
S’agissant du deuxième chantier, la loi sur la Charte du service public, le ministre parle d’une innovation majeure.
« C’est une première fois, alors que la Guinée est signataire de la Charte africaine du service public. Cette charte doit constituer un véritable référentiel des principes et obligations qui encadrent la relation entre l’administration, les usagers du service public, mais aussi les agents publics.
Comme on le dit, il s’agit de faire de notre administration une administration responsable, une administration proche du citoyen. Car cette loi va fixer des principes et des valeurs fondamentales du service public, notamment :
La continuité ;
La légalité ;
L’impartialité ;
La neutralité ;
L’accessibilité ;
La transparence ;
La célérité ;
La qualité du service public et la responsabilité.
Elle doit également contribuer à renforcer les droits des usagers et à préciser les engagements de l’administration à leur égard », a-t-il indiqué.
Enfin, le troisième chantier, dédié à la loi sur la simplification des procédures administratives, visera selon lui à imposer de nouvelles contraintes à l’administration pour garantir la célérité dans le traitement des demandes des usagers :
« Aujourd’hui, on se pose la question : quand on est saisi par un usager du service public, la demande reste dans nos tiroirs, il se passe des mois et des mois, des années et des années. Que dit l’administration en cas de silence par rapport à la demande d’un usager ? Est-ce qu’il y a des délais ? Il y a peu de textes qui prévoient des délais, et encore moins la suite à donner si les délais ne sont pas respectés. C’est pour cela que cette loi va non seulement fixer désormais des modalités précises en la matière, mais exiger aussi le partage d’informations entre les administrations elles-mêmes », a laissé entendre Faya François Bourouno.
Pour le ministre, l’ambition est de construire une administration moderne, performante, responsable, accessible et au service du développement de la Guinée.
Mamadou Macka Diallo
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