Le 17ème anniversaire du massacre du 28 septembre 2009 au stade du même nom a été commémoré ce lundi 28 septembre 2026. À cette occasion, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (AVIPA) et l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH) ont animé une conférence de presse à Conakry. La présidente de l’AVIPA a souligné que les premières pensées de l’association allaient à l’ensemble des victimes. « En ce 28 septembre 2026, notre première pensée va à toutes les victimes, à celles qui ne sont jamais revenues, à celles dont les familles attendent encore de connaître le sort, aux femmes victimes de violences sexuelles, aux blessés, à toutes les familles dont la vie a basculé ce jour-là. Nous nous souvenons d’elles et nous refusons qu’elles soient oubliées. 17 ans ont passé. Pendant longtemps, les victimes ont attendu. Elles ont parfois douté, mais n’ont jamais renoncé », a déclaré Asmaou Diallo.
Elle est revenue sur la tenue du procès et le processus d’indemnisation des victimes. « L’ouverture, le 28 septembre 2022, du procès des événements du 28 septembre 2009 après 13 années d’attente a constitué une étape majeure. Le jugement rendu le 31 juillet 2024 a ensuite reconnu la responsabilité de plusieurs accusés et requalifié les faits en crimes contre l’humanité. Nous devons savoir reconnaître cette avancée. Ce procès a démontré qu’en Guinée aussi, des crimes d’une telle gravité peuvent être portés devant une juridiction nationale. Nous reconnaissons également l’effort consenti par l’État pour engager le processus d’indemnisation avec la mobilisation de 119 milliards de francs guinéens en faveur les victimes reconnues par le jugement », a-t-elle mentionné.
Toutefois, elle déplore la non-programmation jusqu’à présent, par la cour d’appel, du procès en appel dans cette affaire. « Deux ans après le jugement du 31 juillet 2024, le procès en appel concernant les principaux condamnés n’a toujours pas été programmé. Cette attente constitue aujourd’hui une préoccupation essentielle pour les victimes et leurs familles », a laissé entendre Asmaou Diallo.
La présidente de l’AVIPA a également mis l’accent sur plusieurs « événements qui ont profondément affecté leur confiance » : « la grâce présidentielle accordée à Moussa Dadis Camara le 28 mars 2025, le décès en détention de Claude Pivi le 6 janvier 2026, puis d’Aboubacar Sidiki Diakité dit « Toumba » le 25 mars 2026, l’annulation le 23 février 2026 des procédures visant Georges Oulemou, Thomas Touaro et Jean-Louis Kpogomou pour vice de forme, ainsi que l’acquittement du colonel Bienvenu Lamah le 27 juillet 2026. Des recours ont été exercés contre certaines de ces décisions », a-t-elle indiqué.
Il faut souligner que plusieurs victimes n’ont toujours pas été indemnisées. La présidente de l’AVIPA a, lors de son intervention, plaidé pour l’indemnisation de l’ensemble des victimes.
Macka Djaraye Diallo 666 660 366


