Pénurie d’eau potable: les habitants de Nongo et Kaporo confrontés à la rareté et à la hausse des prix

De Nongo à Kaporo, respectivement situés dans les communes de Lambanyi et de Ratoma, les difficultés d’approvisionnement en eau potable compliquent le quotidien des habitants. Entre le recours à l’eau de cuve ou de forage et la hausse des prix, les citoyens et commerçants appellent à des solutions immédiates et durables.

La pénurie d’eau potable devient une préoccupation majeure pour les habitants de Nongo et de Kaporo, dans les communes. Face aux difficultés d’approvisionnement, certains ménages sont contraints de se tourner vers des sources alternatives, notamment l’eau de cuve et l’eau de forage. Une situation qui pèse sur les budgets familiaux et les activités commerciales.

Pour Sékou Yaya Barry, citoyen, cette situation a bouleversé les habitudes de nombreux habitants. Il explique devoir désormais recourir quotidiennement à l’eau de cuve. « Moi, auparavant, je n’ai jamais consommé de l’eau de robinet. Mais actuellement, on consomme de l’eau de cuve. On est obligé, chaque jour, de venir au restaurant ici commander de l’eau. »

Selon lui, les difficultés sont notamment liées au fonctionnement irrégulier des points d’approvisionnement. « Les pompes ne fonctionnent pas convenablement. Les forages aussi ne sont pas fonctionnels par endroits. Donc, ça, c’est un problème. Compte tenu du revenu des uns et des autres, ce n’est pas tout le monde ici qui a la possibilité de s’en procurer », déplore-t-il.

Au-delà de la disponibilité de l’eau, son prix constitue une autre source d’inquiétude pour les consommateurs. Kémoko Camara, citoyen, explique que l’approvisionnement, relativement facile au début, est devenu plus compliqué quelques jours plus tard. « Au début, c’était facile de trouver de l’eau, mais deux ou trois jours après, on avait du mal à en trouver. Avant, on en vendait à 25 000 francs. Maintenant, moi, je n’en achète qu’à 40 000, parfois à 35 000 francs. »

Contraint d’acheter de l’eau pour ses activités, il appelle à renforcer l’approvisionnement et à mieux encadrer les prix. « Je suis obligé d’acheter de l’eau, mais c’est difficile d’en trouver. On se débrouille pour en avoir. S’ils peuvent en trouver encore beaucoup pour la population, ça va être facile. Et puis, il faudrait aussi essayer de voir les prix », ajoute-t-il.

La pénurie touche également les activités commerciales. Aïcha Kourouma, vendeuse de riz, affirme rencontrer des difficultés pour s’approvisionner en eau destinée à ses clients. « C’est vraiment inquiétant, parce qu’on ne trouve presque plus d’eau. Et même lorsqu’on en trouve, les prix sont exorbitants. »

Elle explique que la hausse des prix rend également difficile la vente de l’eau. « Quand on achète à 10 000 francs, il faut parfois revendre à 1 000 francs l’unité pour pouvoir gagner un peu. Et lorsque le prix d’achat atteint 40 000 francs, il faut vendre beaucoup plus cher pour espérer faire un bénéfice. »

Selon elle, le recours à l’eau de forage ne constitue pas non plus une solution pour tout le monde. « Parfois, nous sommes obligés de chercher de l’eau de forage, mais là encore, tout le monde n’accepte pas de la boire. Le problème de l’eau commence vraiment à devenir inquiétant. Même le stock que j’avais acheté pour mes clients est déjà épuisé et il devient très difficile d’en trouver », témoigne-t-elle.

Face à cette situation, certains habitants souhaitent que les mesures prises pour améliorer l’approvisionnement soient accompagnées de solutions adaptées aux réalités de la population.

Pour Sékou Yaya Barry, un délai pourrait permettre de mieux préparer les alternatives avant l’application de certaines mesures. « Ils peuvent interdire, mais dans mon cas, il faudrait au moins chercher à trouver un moratoire, même si c’est pour une année, pour que les solutions qui ont été prises soient adaptées à la réalité de la population. »

Il précise toutefois ne pas être opposé au principe des mesures prises. « Je ne suis pas contre la mesure, c’est très bon, mais j’aurais été à leur place, j’aurais pris toutes les mesures possibles avant d’entamer l’interdiction », estime-t-il.

Entre difficultés d’approvisionnement, hausse des prix et recours aux eaux de forage ou de cuve, la pénurie d’eau continue de susciter des inquiétudes à Nongo et Kaporo. Les habitants appellent à des solutions durables afin de garantir un accès régulier à l’eau potable à un coût accessible.

Ousmane Kerté Bah 620094257

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