Événements du 28 septembre 2009 : « Ma femme a encore une balle dans le ventre » (témoignage)

Le collectif des victimes non indemnisées du massacre du 28 septembre 2009 a tenu une conférence de presse ce samedi 28 juin 2025. À cette occasion, les membres du collectif ont interpellé le président de la transition, l’invitant à s’impliquer personnellement pour que toutes les victimes soient indemnisées de manière équitable. Plusieurs représentants ont pris la parole pour relater les souffrances vécues par leurs proches.

Amatoulaye Diallo, qui a pris la parole au nom de son père, a exprimé son regret face à l’impossibilité pour ce dernier de participer au procès. « Mon père tenait énormément à ce que le procès ait lieu, mais malheureusement, quelques semaines avant son ouverture, il a été victime d’un AVC qui l’a paralysé. Il n’a donc pas pu y assister, alors qu’il détenait toutes les preuves nécessaires. En tant que fils, nous avons estimé qu’il était important de le représenter. J’ai tout fait pour pouvoir témoigner en son nom, mais l’ONG AVIPA ne m’en a pas donné l’opportunité. Elle m’a expliqué que les personnes appelées à témoigner représentaient l’ensemble des victimes du 28 septembre.

Pendant le procès, mon père était hospitalisé à la clinique Pasteur. Ce jour-là, il avait reçu trois balles à l’épaule : deux ont été extraites, mais une est toujours logée dans son corps », a expliqué Amatoulaye Diallo. Il a ensuite lancé un appel au chef de l’État afin que l’indemnisation soit équitable pour toutes les victimes.

Autre témoignage poignant, celui de Lamine Sakho, venu parler au nom de son épouse, elle-même victime directe des événements tragiques du 28 septembre. « C’est ma femme qui a été touchée lors du massacre. Elle a reçu une balle au ventre, qui s’y trouve encore aujourd’hui. Les médecins m’ont conseillé de ne pas tenter une opération, car la balle est très mobile. Si elle se déplace pendant l’intervention, ils seront contraints de pratiquer une chirurgie générale. Et elle est encore jeune.

La liste officielle des victimes est très restreinte, alors que beaucoup, comme ma femme, continuent de souffrir en silence. Je lance un plaidoyer au président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, ainsi qu’à son gouvernement, pour qu’ils pensent à nous. Il y a encore beaucoup de victimes qui vivent avec des balles ou des séquelles dans leur corps. Nous ne sommes pas contre ceux dont les noms figurent sur la liste, mais nous demandons simplement à ne pas être oubliés. Certains vivent avec les impacts, d’autres avec les stigmates », a-t-il déclaré.

Macka Djaraye Diallo

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