Dr Ibrahima Sory Diallo : « Le président de la transition peut prolonger la durée de la transition, ce n’est pas exclu, mais… »

Alors que la transition politique en Guinée continue de susciter débats et interrogations, le président de l’Alliance Démocratique pour le Changement – Bloc de l’Opposition Constructive (ADC-BOC), Dr Ibrahima Sory Diallo, s’est exprimé sur plusieurs sujets d’actualité à travers une interview téléphonique accordée à la rédaction de Guinee114.com. Il est notamment revenu sur l’augmentation du nombre de ministères à 32, une décision qu’il ne conteste pas, tout en appelant au respect scrupuleux de la Charte de la transition. Il s’est également dit prêt à jouer un rôle au sein du gouvernement si cela s’avère nécessaire pour une transition réussie.

Pour Dr Diallo, le passage à 32 ministères ne pose pas de problème en soi. « Nous, on ne discute pas des décisions administratives comme l’augmentation ou la réduction du nombre de départements. Nous sommes en transition, et ce que nous exigeons avant tout, c’est le respect du contenu de la Charte, et l’avancement effectif vers le retour à l’ordre constitutionnel. Le président, dans son pouvoir d’injonction, peut prendre et exécuter de telles décisions. C’est normal. Dans une République, les dirigeants doivent prendre des initiatives pendant leur mandat pour mettre en place un mécanisme efficace de gestion de la transition », a-t-il martelé.

L’ancien député de la 9e législature ne ferme pas la porte à une entrée dans l’équipe de Bah Oury. Il affirme être prêt à servir, si sa présence peut contribuer au bon déroulement du processus. « Nous ne sommes pas là pour nous demander si nous serons sollicités ou non. Nous sommes des Guinéens, tous investis pour faire avancer notre pays. Donc, si l’on estime que ma présence, en tant que Dr Diallo, est nécessaire pour accompagner cette transition, rien ne m’en empêchera. Je suis un Guinéen engagé pour gouverner ce pays. Il ne s’agit pas de se demander si je suis prêt ou pas. Si aujourd’hui on souhaite que je m’engage dans un système avec un programme bien ficelé, qu’est-ce qui m’en empêcherait ? » s’interroge-t-il.

Enfin, Dr Ibrahima Sory Diallo a tenu à adresser des recommandations au président Mamadi Doumbouya. Il appelle à la redéfinition d’un calendrier de transition consensuel et au respect des engagements pris. « Nous demandons simplement au président de veiller au respect de ses engagements, ainsi qu’à tout ce qui concourt à la mise en œuvre d’un délai transitoire crédible. Même si le délai initial est dépassé, il doit proposer un nouveau cadre temporel acceptable par tous. Je dis bien que le président, fort de son pouvoir d’injonction, peut prolonger la transition. Ce n’est pas exclu. Mais cela doit se faire dans le respect du contenu de la Charte. C’est ce respect qui garantira la stabilité de l’État et lui donnera la légitimité d’exiger des principes républicains », a-t-il affirmé.

Et de conclure. « Mais si l’on met en place un système qui ne dure que le temps de son mandat, et qu’une fois parti, les mêmes pratiques persistent, alors à quoi bon établir un programme ? Il faut bâtir un projet qui résiste au temps. Même s’il veut faire dix ans de transition, nous pourrons nous résigner et continuer. Mais lorsqu’il est question d’engagements, il faut absolument veiller à leur respect. C’est une exigence normale. »

Aliou Diaguissa Sow

Tél : 627 51 44 41

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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