Dans un contexte de transition politique tendue, le président du parti Union des Démocrates pour le Renouveau et le Progrès (UDRP) et membre des Forces Vives de Guinée (FVG), Dr Édouard Zoutomou Kpoghomou, a dénoncé dans un média la palce une approche jugée unilatérale du Premier ministre, qu’il accuse de ne pas favoriser un dialogue inclusif entre le gouvernement et la classe politique. Il plaide pour un consensus véritable et regrette que seuls certains partis “triés sur le volet” soient impliqués dans le processus en cours. « Ce que nous projetons, ce n’est pas de manifester pour le plaisir de manifester. Vous savez, il y a eu beaucoup de prises de position et de nombreuses démarches pour que les acteurs se retrouvent autour d’une table afin de négocier et discuter de tout ce qui concerne la conduite de la transition. Cet appel a été lancé dès le départ, lorsque le Premier ministre a pris ses fonctions. Nous l’avons invité à jouer un rôle de trait d’union entre la junte militaire et la classe politique. Nous pensions qu’il mettrait l’accent sur cet aspect et veillerait à un processus inclusif. Mais ce que nous avons constaté, c’est qu’il est venu avec une mission qu’il entend mener à bien, sans prendre le temps d’écouter ce que les partis politiques avaient à dire », déplore le vice-président de l’ANAD.
Il insiste. « Nous sommes dans une période de transition, et une transition se gère par le consensus. On ne peut pas retenir les points de vue de certains et les imposer à tout le monde. Cela ne peut pas fonctionner ainsi. Ils le savent très bien, car s’ils veulent gouverner légitimement dans un cadre démocratique, il n’y a aucune raison qu’ils ne soient pas soutenus. Mais lorsqu’on veut imposer une vision limitée à sa propre perception, sans tenir compte de celle des autres, cela s’appelle de l’exclusion. Et c’est précisément ce à quoi nous nous opposons. »
Pour justifier l’appel à manifester prévu le 5 septembre, Dr Kpoghomou explique. « Ce que nous envisageons de faire, c’est une réponse à toutes les manifestations que nous constatons, aussi bien dans la rue que sur les réseaux sociaux, ainsi qu’aux comportements de ceux qui soutiennent la junte. »
S’il reconnaît que certains partis politiques accompagnent les militaires au pouvoir, il précise. « Ce sont des partis politiques triés sur le volet, sélectionnés. Nous ne pouvons pas nous fier à une telle sélection. Tout le monde est concerné et tout le monde devrait être impliqué. »
Aliou Diaguissa Sow


