Créé en mars 1996, le marché hebdomadaire du district de M’Bonet, réputé pour son affluence, devient de plus en plus enclavé en raison de l’absence d’infrastructures routières praticables. Ce marché continue pourtant d’approvisionner plusieurs régions de la Guinée, y compris la capitale Conakry, en denrées alimentaires, produits locaux et bétail de qualité, malgré la forte dégradation de la route.
En marge de la visite du directeur général adjoint du Conseil guinéen des chargeurs, dans le cadre de la vulgarisation du projet de nouvelle Constitution, les autorités locales et les commerçants ont profité de l’occasion pour lancer un cri de cœur à l’endroit du gouvernement. Un reportage de nos confrères d’Évasion TV, que nous avons consulté, revient sur la situation.
Devant le parc à bétail, le président du district a souligné l’importance de ce lieu de négoce. « C’est l’un des plus grands marchés de bétail de la Haute Guinée. Il ravitaille toutes les régions de la République, surtout la capitale, Conakry. Aujourd’hui, nous avons des problèmes : il n’y a même pas d’endroit pour attacher les animaux, pas de hangar… En réalité, il manque l’essentiel, mais nous nous débrouillons quand même pour recevoir les bêtes. À une époque, on envoyait du bétail malien au marché de M’Bonet. Nous demandons à l’État de nous venir en aide », a déclaré Alimou Bah.
Natif de M’Bonet, Elhadj Amadou Guissé a retracé l’historique du marché. « Ce marché a été créé le 11 mars 1996. Avant, tous les habitants du village se rendaient à Kaboukariah. Depuis sa création, beaucoup de gens viennent ici pour acheter du bétail. Dabola, Faranah, Siguiri, Conakry… tous viennent pour chercher des petits et gros ruminants. C’est donc un marché très important pour toute la République », a-t-il raconté.
Issa Barry, venu de Conakry pour acheter des bœufs qu’il revendra dans la capitale, explique les difficultés auxquelles sont confrontés les acheteurs. « Nous rencontrons beaucoup de difficultés. D’abord, amener les camions jusqu’ici n’est pas facile. Quand on achète les bœufs, il faut les embarquer dans des camions, mais à cause de la dégradation de la route, il nous arrive de passer deux jours pour parcourir les 45 km entre M’Bonet et Dinguiraye. Les bois pour attacher les animaux doivent aussi être changés chaque jour », a-t-il déploré.
Habitué des lieux, Mamadou Saliou Bah se procure régulièrement du bétail et regrette une situation qui, selon lui, tue à petit feu ce marché très fréquenté. « Nous venons ici acheter du bétail (bœufs, moutons, chèvres, etc.), mais nous souffrons énormément sur la route, à l’aller comme au retour. Certains propriétaires refusent même d’envoyer leurs camions ici à cause de l’état de la route. Pourtant, ce marché contribue beaucoup à l’approvisionnement de la capitale en denrées alimentaires et en bétail. Si on ne réhabilite pas la route, cette souffrance va continuer et cela pourrait impacter les prix. Avant, on louait un camion à 5 millions GNF, aujourd’hui, c’est 10 millions. Si la route était praticable, nous pourrions transporter nos marchandises en toute tranquillité », a-t-il souligné avant de lancer un plaidoyer. « Nous demandons au gouvernement de nous aider à désenclaver cette route, qui est d’une grande nécessité. »
Il faut rappeler que le marché se tient chaque jeudi, avec un petit marché et un grand marché.
Macka Djaraye DIALLO
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