Ce mercredi 24 septembre 2025, la session du Conseil d’administration du Centre ouest-africain de services scientifiques sur le changement climatique et l’utilisation adaptée des terres (WASCAL) s’est ouverte dans un établissement hôtelier de Conakry. Cette organisation, dédiée à la recherche scientifique sur le climat et au renforcement des capacités, incarne une réponse collective et ambitieuse face aux défis environnementaux et climatiques qui affectent la sous-région. Selon le ministre guinéen de l’Enseignement supérieur, Alpha Bacar Barry, huit ministres de la sous-région prendront part à cette édition.
Dans son discours de bienvenue, le Dr Facinet Conté, Secrétaire général du MERSRI, a indiqué que la tenue conjointe de la session du Conseil d’administration et de la 6ᵉ réunion du Conseil ministériel illustre la volonté commune de renforcer la gouvernance et la coopération scientifique dans la sous-région. Il a ajouté que cette dynamique traduit également l’ambition partagée de relever les défis liés au changement climatique, au développement durable et à l’innovation technologique.
De son côté, le président du Conseil d’administration de WASCAL, Pr C. Nwajiuba, a présenté le plan de travail qui sera soumis au Conseil des ministres. «Cette rencontre à Conakry est capitale, non seulement pour notre institution et pour l’Afrique de l’Ouest, mais aussi pour l’humanité entière. Les travaux préparent la réunion ministérielle qui examinera deux dossiers majeurs : le plan stratégique et la stabilité financière de notre organisation», a-t-il affirmé, tout en saluant la capacité d’accueil et l’implication sérieuse de la Guinée, dernier pays à avoir rejoint WASCAL.
Le représentant du ministère fédéral allemand de l’Éducation et de la Recherche (BMBF), Dr C. Alecke, a pour sa part rappelé l’importance de la coopération scientifique. Selon lui, le programme CS4RA, un service climatique axé sur la réduction des risques en Afrique, est une initiative de recherche conjointe entre l’Afrique de l’Ouest, l’Allemagne et d’autres pays européens.

«Nous avons reçu plus de 130 propositions, chacune coordonnée par un partenaire d’Afrique de l’Ouest. Le Centre de compétences WASCAL participe à plusieurs projets et son siège servira de structure de financement. Cela démontre que WASCAL est déjà reconnu au plan international dans le domaine des sciences du climat. Tous les pays ont déjà bénéficié de ses services et continueront d’en profiter. Nous pouvons être fiers de nos acquis», a-t-il souligné.
À la sortie de séance, Jibril Diallo, vice-ministre de l’Enseignement supérieur de la Guinée-Bissau, a rappelé que son pays n’est pas encore membre à part entière de WASCAL, mais que le processus d’adhésion est en cours et devrait être finalisé après les élections législatives prévues en novembre. Il a qualifié WASCAL d’outil scientifique crucial pour aider la sous-région à faire face aux menaces du changement climatique.
De son côté, le ministre guinéen en charge de l’Enseignement professionnel, Alpha Bacar Barry, a mis en avant les progrès réalisés par la Guinée, citant notamment la construction d’une infrastructure à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry pour accueillir un programme doctoral sur le changement climatique, les mines et les forêts. Il a salué cette avancée comme une preuve concrète de l’impact de WASCAL sur le renforcement des capacités nationales.

« Nous devons rester lucides. Les défis demeurent immenses. Le changement climatique continue d’ébranler nos agricultures, nos écosystèmes et nos communautés. Or, les ressources financières disponibles pour soutenir nos projets sont limitées. C’est pourquoi la coopération entre pays membres doit s’intensifier afin d’avoir un impact durable », a-t-il martelé.
Plus loin, le président du Conseil des ministres de WASCAL a exhorté ses homologues à être plus ambitieux dans le financement de cette organisation vitale pour la survie de la sous-région. « J’appelle le Conseil d’administration à être clair et ferme sur l’engagement de nos États, surtout sur les contributions financières que chacun devrait honorer à temps. Trop souvent, nos pays tardent à s’acquitter de leurs obligations en raison de lourdeurs administratives », a-t-il regretté, tout en promettant son soutien à ses pairs.
En conclusion, le ministre Alpha Bacar Barry a rappelé que face à des défis transfrontaliers, les pays membres n’ont d’autre choix que d’unir leurs efforts, mutualiser leurs connaissances et mettre en commun leurs ressources afin de développer des solutions adaptées aux réalités locales et régionales.
La 6ᵉ réunion du Conseil des ministres de WASCAL est prévue pour le vendredi 26 septembre prochain à Conakry.
Aliou Diaguissa Sow


